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MESSAGE QUE LES EVEQUES CATHOLIQUES DU BURUNDI ADRESSENT AU PEUPLE DE DIEU CONCERNANT LA REGULATION DES NAISSANCES

AU FIL DU TEMPS (Articles publiés)


CONFERENCE DES EVEQUES CATHOLIQUES DU BURUNDI
Secrétariat Général


MESSAGE QUE LES EVEQUES CATHOLIQUES DU BURUNDI ADRESSENT AU PEUPLE DE DIEU CONCERNANT LA REGULATION DES NAISSANCES

La procréation requise des époux en vertu de leur dignité d’enfants de Dieu

0. Chers frères et soeurs dans la foi, et vous tous qui cherchez le bien des familles, nous, vos Pasteurs, nous vous adressons nos salutations paternelles en vous souhaitant d’ouvrir les portes de vos coeurs et de vos familles au Sauveur qui nous est né pour qu’il vous remplisse de sa paix pendant cette Année de la Foi.
Préliminaires

1. Comme nous le disions déjà dans le Directoire du mariage et de la famille dans l’Eglise du Burundi (cf. nn. 67-69), la question de la démographie galopante est préoccupante pour tout un chacun. Le taux de croissance démographique dans notre pays est très élevé compte tenu de la petite étendue de ce dernier et du fait que sa population vit à plus de 90 % de la seule agriculture. Les terres se sont amenuisées et appauvries, les conflits fonciers opposant les ayant-droits sur les mêmes propriétés augmentent à un rythme inquiétant.

2. Par ailleurs, la pauvreté pèse sur une large partie de la population et ne cesse d’augmenter. L’effectif de ceux qui n’ont rien à manger, le nombre des mal-nourris et des enfants de la rue y sont en augmentation. De même y sont-ils nombreux ceux qui n’arrivent pas à se faire soigner ou à faire soigner les leurs et ceux qui ne peuvent pas s’acheter des habits ou procurer à leurs enfants le nécessaire pour pouvoir aller à l’école. Bien que beaucoup d’écoles primaires et secondaires aient été construites surtout ces dernières années, leur nombre reste encore insuffisant par rapport à l’effectif des enfants en âge de scolarité. Or le développement de notre pays n’est pas possible tant que les jeunes qui constituent son avenir, ne vont pas à l’école pour être instruits. Bref, les problèmes dus à l’augmentation de la population au Burundi sont nombreux. Qu’est-ce qui est alors, en train d’être fait, face à cette réalité ? Un programme du Gouvernement est en cours d’exécution pour réduire le taux de natalité. Un appui technique et financier lui est aussi assuré par certains organismes.

3. Conscients que les fidèles dont nous avons la charge sont confrontés à un dilemme qui fait qu’ils ne savent pas quoi prendre ou laisser, nous, vos Pasteurs de l’Eglise Catholique du Burundi, voudrions vous proposer, dans ce message, notre contribution à la solution de ce problème combien grave, en témoignant de la Bonne Nouvelle que nous sommes chargés d’annoncer et de notre Foi. Nous ne ferons d’ailleurs que réaffirmer l’enseignement traditionnel de l’Eglise Universelle en la matière. Mais avant cela, nous reviendrons sur ce le programme du Gouvernement à peine évoqué.

Ce qui se fait dans la campagne pour la limitation des naissances

4. La campagne pour la limitation des naissances en cours est sous-tendue par la conviction que la pauvreté ne pourra pas être éradiquée aussi longtemps que le taux de croissance démographique n’aura pas été maitrisé. Les tenants de cette idée affirment qu’aucun des objectifs du millénaire pour le développement ne saurait se réaliser sans que ce taux ne soit sensiblement limité. Ils soutiennent que bon gré mal gré ce taux doit être réduit jusqu’au seuil minimum requis pour que la réalisation de ces objectifs du millénaire puisse aboutir à des résultats palpables.

5. Voilà qui motive la campagne pour la limitation des naissances que nous connaissons tous. L’appui donné à cette campagne n’est pas seulement d’ordre financier mais aussi d’ordre matériel et technique, incluant la compétence chirurgicale pour la vasectomie et la ligature des trompes. Le matériel fourni comprend les préservatifs, les pilules contraceptives, les dispositifs intra-utérins ou stérilets, les implants sous-cutanés et les injections. Le personnel médical et les agents de vulgarisation éparpillés sur toutes les collines ne sensibilisent pas seulement la population sur l’utilisation des méthodes artificielles de la procréation, mais ils distribuent également ce matériel et en reçoivent même une prime d’encouragement.

6. A notre connaissance, parmi les méthodes reconnues par l’OMS, il y a également les méthodes naturelles. Malheureusement, les tenants de l’idéologie dominante (nouvelle éthique mondiale) se méfient de ces méthodes et les écartent sous prétexte qu’elles ne sont pas efficaces ou qu’elles sont difficiles à appliquer. Aussi, dans la campagne en cours, on les passe délibérément sous silence ou alors quand on en parle on le fait de façon évasive. Nous ne vous apprenons rien de nouveau ici car cela se passe sous vos yeux dans vos milieux de vie. Si nous avons tenu à vous le rappeler, c’est plutôt pour vous inviter à méditer et à réfléchir sur la vérité qui doit vous guider.

Discernons l’ivraie du bon grain : marchons dans la vérité

7. La campagne pour la limitation des naissances que nous venons d’évoquer se base sur deux idées principales. La première soutient que l’unique cause de la pauvreté au Burundi serait la démographie galopante. La seconde préconise que l’unique façon de juguler cette croissance démographique serait l’usage des méthodes artificielles, celles que soutient et encourage l’idéologie dominante à peine citée.

8. Il est vrai que le taux de croissance démographique au Burundi est très élevé, compte tenu du paradoxe de l’habitat dispersé sur une superficie réduite. Toutefois, avant d’affirmer que la forte croissance démographique est la cause qui empêche notre développement économique, on devrait considérer bien d’autres facteurs. Car, nous connaissons des pays à forte densité démographique et d’un taux de croissance élevé qui se sont développés malgré cela. Nous connaissons également d’autres pays qui, à force de limiter les naissances accusent aujourd’hui un déficit démographique face auquel ils paient même des primes d’encouragement aux familles relativement nombreuses.

9. En réalité, la vraie question à se poser n’est ni celle de
l’augmentation de la population ni celle de sa diminution; elle est plutôt celle d’une organisation socio-économique à même d’assurer à la population les moyens de sa subsistance et de son développement. Il est évident que, même ici chez nous, si rien n’est fait dans ce sens et que les gens continuent à procréer sans retenue, nous pouvons nous retrouver dans une totale impasse. Il est donc impératif de passer en revue tous les secteurs de la vie nationale et les défis qu’ils recèlent pour vérifier si, dans chacun d’entre eux, on investit pour le développement autant d’énergie et de moyens que ceux qui sont déployés dans l’actuelle campagne de limitation des naissances.

10. Eu égard, par exemple, à l’exigüité des terres, il y a lieu de s’interroger : y a-t-il une politique claire et des dispositions fermes pour empêcher que les gens ne construisent pas sur des espaces fertiles devant plutôt servir à accroître la production agricole et à la lutte contre la faim ? Par ailleurs, y aurait-il une volonté politique ferme de promouvoir la réalisation des projets visant à libérer les Burundais de la dépendance presque exclusive de l’activité agricole pour leur survie? Pour notre part, nous estimons que, si parmi les projets en cours, on investissait dans chacun d’eux autant d’énergie que celles engagées dans la campagne de limitation des naissances, un changement significatif pourrait rapidement se produire dans le développement de notre pays.

11. S’agissant maintenant des méthodes prônées pour rabaisser le taux de croissance démographique, nous savons – et nous l’avons déjà dit – que les méthodes naturelles figurent parmi les méthodes reconnues par l’OMS. A vrai dire, les méthodes artificielles prônées et utilisées sont en général ou contraceptives ou contragestives. Et, quoiqu’il en soit, elles sont utilisées dans le souci de prévenir la grossesse comme s’il s’agissait d’une maladie, alors que l’on devrait plutôt mettre en avant le souci du respect de la vie humaine, dès le premier instant de sa conception. De plus, ces méthodes effritent la valeur morale des personnes car elles ouvrent la voie à une banalisation de leur sexualité en exacerbant l’instinct du plaisir, dans l’illusion de s’aimer alors qu’en réalité on fait de l’autre un objet de son propre plaisir. Il s’ensuit que l’être humain, pourtant doué d’intelligence et de volonté, se réduit au rang de l’animal qu’il faut « mâter par la bride et le mors » afin qu’il ne cède pas irrésistiblement à son instinct.

La position de l’Eglise reste inchangée

12. Tout comme l’Eglise enseigne que l’homme jouit d’une insigne dignité pour avoir été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 27), de même elle soutient avec force que les hommes doivent procréer selon cette dignité. Pour nous donc, les Burundais et les Burundaises doivent user de l’intelligence et de la volonté qui les distinguent des animaux, pour assumer leur paternité-maternité de façon responsable et mettre au monde le nombre d’enfants qu’ils sont capables d’éduquer convenablement et de faire parvenir à une vraie maturité, en tenant compte du niveau de développement du pays (cf. Directoire du mariage et de la famille dans l’Eglise du Burundi, nn. 67-69; Concile OEcuménique Vatican II, Const. Gaudium et spes, n. 50,2).
13. La position ferme de l’Eglise est aussi que « la vie est sacrée ». C’est un don de Dieu, Créateur de tout ce qui existe (cf Gn 1-2) et ce don est accueilli dans le sein maternel depuis le premier instant de la conception. En effet, avant que la maman ne voie la taille et le visage de l’enfant qu’elle porte dans son sein, Dieu, Lui, le connaît déjà. En témoigne la parole qu’Il adressa au Prophète Jérémie : « Avant même de te former dans le ventre de ta mère, je t’ai connu » (Jr 1, 5). En témoigne aussi le fait qu’à la visitation d’Elisabeth par la Vierge Marie, l’enfant que celle-là portait encore dans son sein a tressailli d’allégresse à la salutation de celle-ci (cf. Lc 1, 44).

14. A cause de cette détermination à défendre la vie et la dignité de la personne humaine, l’Eglise enseigne qu’en matière de planning familial, seules les méthodes naturelles sont acceptables. Elle recommande que les époux s’abstiennent des rapports conjugaux dans la période féconde de la femme, dès lors qu’ils s’estiment incapables d’accueillir un enfant et de l’éduquer jusqu’à l’âge adulte. Cela requiert évidemment que les époux soient des personnes conscientes de leur dignité, qui entretiennent entre eux un vrai dialogue, qui décident ensemble en ce qui concerne leur progéniture et qui sont en mesure de vivre la continence et l’abstinence quand c’est nécessaire. C’est pour cela que Dieu nous a donné l’intelligence et la volonté qui nous distinguent des animaux. Il ne nous les a pas données pour inventer des techniques qui nous mutilent surtout sur le plan spirituel.

15. Même si en recommandant les méthodes naturelles, c’est comme si elle prêchait dans le désert, l’Eglise n’y renonce pas, en vertu de sa foi et de son engagement pour la dignité et la vie de la personne humaine.

16. Une autre raison qui pousse l’Eglise à rester ferme dans cette position, c’est qu’elle est convaincue que les méthodes naturelles sont les seules, spécialement dans le cadre du mariage chrétien, qui puissent aider les époux à réguler les naissances sans ternir la dignité de l’acte conjugal qui ne doit garder indissolublement unies ses deux significations : l’union et la procréation (cf . Paul VI, Lettre Encyclique Humanae Vitae, n. 12).

17. En effet, Dieu ne nous a pas dotés du sexe pour l’utiliser dans la recherche du seul plaisir charnel, il nous l’a plutôt donné pour que nous vivions la complémentarité d’un amour qui se donne pour que les autres aient la vie. Voilà pourquoi l’Eglise enseigne que les rapports sexuels ne sont moralement permis qu’à un homme et une femme unis par le mariage. Du reste, elle ne fait que rappeler, par là, le commandement de Dieu qui nous défend et la fornication et l’adultère (cf. Ex 20, 12; Dt 5, 18 ; Mt 5, 27-32).

18. Telle est, en bref, la position de l’Eglise eu égard aux méthodes à utiliser pour réguler les naissances et procréer de manière responsable. Elle n’accepte et ne recommande que les seules méthodes qui glorifient Dieu et qui honorent la dignité des parents et des enfants. Permettez-nous d’ajouter que l’Eglise ne cherche pas seulement à convaincre ceux qui lui obéissent d’utiliser les méthodes naturelles, elle se doit aussi de les leur apprendre et de les entraîner à s’en servir. C’est ce que le Bienheureux Pape Jean-Paul II nous a rappelé dans son enseignement sur les tâches de la famille chrétienne dans le monde d’aujourd’hui (cf. Exhort. Apost. Familiaris Consortio, n. 35). Aussi le présent message nous donne-t-il l’occasion de vous informer que nous sommes en train de faire tout ce qui est possible afin que ces méthodes naturelles soient connues et pratiquées par tout couple soucieux de vivre à la lumière de notre foi.

Nos conseils

19. Nous savons qu’il y a beaucoup de gens qui ne croient pas à ce que l’Eglise enseigne à ce sujet et que d’autres s’y opposent en affirmant qu’elle demande l’impossible. Notre mission à nous est de défendre la vérité de Dieu qui ne contraint jamais personne, mais en appelle à la soif de vérité que Dieu lui-même a mise dans le coeur de tout être humain. Si l’on ne nous écoute pas aujourd’hui, l’on nous écoutera demain. La vérité résiste à tout et finit par triompher, surtout celle des prophètes.

Aux mariés en âge de procréer

20. Chers époux et épouses encore en âge de procréer, ne faites pas sourde oreille à cet enseignement et ne prenez pas à la légère les conseils de ceux qui souhaitent votre bien. Avant de songer à engendrer des enfants, ayez d’abord conscience que vous êtes des coopérateurs de Dieu dans le projet de donner au Burundi d’autres êtres humains, créés à son image et susceptibles de faire arriver le pays à des acquits insoupçonnés. Ne soyez pas des gens « irresponsables » qui se laissent dominer par la pulsion sexuelle et engendrent inconsciemment, à l’instar des animaux incapables de se retenir parce guidés par l’instinct. La procréation est un projet commun entre l’époux et l’épouse. Si, jusqu’à présent, vous n’aviez pas encore pris l’habitude d’échanger à son sujet, nous vous invitons à oser le faire et à vous y habituer, en imitation de Dieu qui, avant de créer l’homme, a pris soin de délibérer, le voulant librement à son image et ressemblance (cf. Gn 1, 26-27). Prenez conseil des agents de la pastorale familiale qui vous sont proches. Par-dessus tout, qu’il ne vous arrive jamais de compromettre une grossesse ou de provoquer l’avortement en recourant aux méthodes artificielles en vogue, par refus de l’abstinence.

Aux jeunes

21. Quant à vous, chers jeunes, prenez soin de vous préparer au mariage et à une procréation conforme à la dignité humaine. Vous voyez vous-mêmes par ailleurs, que dans le Burundi d’aujourd’hui, la pauvreté sévit et les terres s’amenuisent. Evitez toute précipitation à vous marier. Cela vous exige évidemment de bien discipliner votre corps que le Seigneur vous a donné comme temple qui lui soit digne. Ne le livrez pas à la débauche. Quelle que soit la méthode que vous emploieriez, le sixième commandement de Dieu vous défend la fornication ou l’adultère. Ne vous laissez pas tromper en vous laissant aller au vagabondage, dans l’illusion que les méthodes artificielles prônées vous permettent de jouir de votre sexe sans risque, car en réalité, vous seriez en train d’affaiblir votre volonté et d’hypothéquer votre avenir. Vous entendez vous-mêmes ou vous voyez combien les grossesses inattendues et les avortements sont devenus monnaie courante aujourd’hui, à cause justement du relâchement sexuel exacerbé par l’usage trompeur de ces méthodes dont on vous livre les instruments jusque même à l’école, en prétendant servir le progrès. N’oubliez pas que celui qui s’entraîne au mal en devient esclave.

Aux autorités et aux responsables de la santé publique

22. L’Eglise soutient fermement le projet d’éducation des Burundais et Burundaises pour en faire des parents dignes et capables d’une paternité-maternité responsable. Nous ne soutenons pas du tout la légèreté de ceux et celles qui mettent des enfants au sans penser à leur avenir. Ce que l’’Eglise n’accepte pas, ce sont seulement les méthodes artificielles qu’on utilise pour l’exercice de la paternité-maternité responsable, parce qu’elle sait bien qu’au bout du compte ces méthodes avilissent la personne humaine, effritent les valeurs et les moeurs, et détruisent la famille. L’Eglise tient cette position de son expérience variée et multiséculaire. Par ailleurs, la perte du sens de la paternité-maternité et des valeurs sociales dans les pays qui ont pris le devant dans l’utilisation de ces méthodes lui donne raison. Comme le dit un adage kirundi : « à laisser la chèvre courir, on finit par bêler comme elle », il vaut mieux prévenir que guérir.

23. Nourrissant le souci de contribuer à l’édification d’une société moralement saine, où les familles se distinguent par leurs bonnes moeurs, mais constant à quel point celles-ci sont en train de se détériorer, nous estimons qu’il est urgent de recommander aux couples les méthodes naturelles de régulation des naissances, comme les seules capables de les éduquer à la maîtrise de soi. Nous citons, pour preuves de notre préoccupation, les violences sexuelles dont se rendent coupables même des pères de familles sur leurs propres enfants, ainsi que le nombre croissant de jeunes filles qui tombent enceintes de leurs éducateurs ou de leurs compagnons d’école. Nous n’en doutons pas : si nous conjuguons nos efforts dans la ferme volonté de nous entraider les uns les autres, l’usage des méthodes naturelles de régulation des naissances est possible et efficace. Le cas de l’Ile Maurice est là pour nous servir d’exemple. Du reste, même ici chez-nous, nous enregistrons déjà, parmi nos fidèles, de beaux témoignages de couples qui s’en servent avec succès.

24. Nous interpellons de manière particulière, vous les chrétiens qui ayant eu le privilège de la formation scolaire et académique, assumez aujourd’hui diverses responsabilités importantes au niveau des instances de gouvernement de notre pays ou de direction au sein d’ONGs nationales ou internationales. Prenez soin de nourrir votre foi pour connaître le bien fondé de l’enseignement de l’Eglise sur la procréation, et engagez-vous à le mettre en pratique. Ne vous laissez pas prendre au piège du préjugé défavorable à cet enseignement ou intimider par l’idéologie dominante qui le combat.

25. Nous vous exhortons, vous fidèles chrétiens, médecins et infirmiers, à dire la vérité aux couples qui vous demandent de les assister (pour une procréation responsable) ; aidez-les à comprendre le caractère abortif des méthodes artificielles, le fait qu’elles débilitent la volonté humaine et n’omettez pas non plus de les instruire sur leurs effets secondaires possibles. Recommandez-leur ensuite l’usage des méthodes naturelles pour une procréation responsable qui leur facilite la tâche d’éduquer. Sachez que vous n’avez pas le droit d’intervenir techniquement sur le corps d’une personne à son insu.

26. A tout ce que nous venons de dire, permettez-nous d’ajouter ceci : en matière de procréation, tout comme elle demande aux époux de prendre en considération, à la fois, leur bien propre, le bien des enfants et celui du pays, c’est à eux seuls que l’Eglise reconnaît la liberté de décider du choix des méthodes à utiliser pour la régulation des naissances, du nombre d’enfants qu’ils souhaitent avoir et de l’éducation à leur donner (cf. Gaudium et spes, n. 50, Familiaris Consortio, nn. 30 ; 47). La meilleure aide à donner aux époux est de respecter d’abord leur dignité, de leur fournir tous les renseignements et conseils nécessaires, et de les laisser ensuite choisir eux-mêmes. Il ne saurait en être autrement pour les personnes majeures qu’ils sont ; c’est à eux de décider quoi faire et quoi ne pas faire.

A la Communauté Internationale qui soutient les programmes de limitation des naissances

27. A vous, la Communauté Internationale et Organismes internationaux qui soutenez notre pays dans l’exécution de ses projets de développement, nous exprimons notre gratitude pour cette aide qui nous permet de lutter contre la pauvreté et contre les maladies telles que le SIDA, la malaria, la tuberculose et autres. Nous vous remercions également pour votre souci d’aider les Burundais à atteindre un taux de croissance démographique qui favorise le développement économique de notre pays. Mais nous vous demandons de ne pas faire de votre aide un instrument de pression préjudiciable à notre identité culturelle et aux valeurs familiales et sociales que nous ont léguées nos ancêtres. Dans l’évaluation des résultats atteints grâce à votre appui, ne tenez pas en compte seulement les chiffres car, pour nous, la dignité et l’humanité comptent bien plus.

Conclusion

28. En cette Année de la Foi, nous demandons à vous tous, membres de notre famille ecclésiale, de raviver votre foi pour qu’elle illumine toute votre vie. A la suite de Saint Paul dans sa recommandation aux fidèles chrétiens de Rome, nous vous adressons cette exhortation : « Ne vous conformez pas au monde présent… » (Rm 12,2) et soyez convaincus, par ailleurs, que : « Tout est possible à celui qui croit » (Mc 9,23).

29. Nous vous promettons de continuer à tout faire pour que la pastorale familiale soit renforcée et bien organisée dans tous nos diocèses. Nous voulons que ceux qui écouteront notre appel puissent trouver à qui recourir pour bénéficier de l’aide technique qu’il faut en matière d’utilisation des méthodes naturelles que nous venons de vous recommander comme les seules conformes à la volonté de Dieu sur la personne humaine.

30. Nous terminons notre propos en vous confiant à la protection de la Sainte Famille de Nazareth. Que Dieu vous bénisse !
Fait à Gitega, le 06 Décembre 2012. Signé : Vos Evêques.

(Message dont l’original est en Kirundi, ici traduction)
N.B. : Ce message sera proclamé dans toutes les églises, le 30 Décembre 2012, en la Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph.


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