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Jésus est « l’Agneau de Dieu qui se charge de nos soucis et enlève le péché du monde ».

AU FIL DU TEMPS (Articles publiés)


« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».

Avec ces paroles, Jean-Baptiste annonce la venue du Règne de Dieu dans l’histoire humaine, l’avènement des antiques prophéties messianiques, l’inauguration des derniers temps où le salut de Dieu va être offert à tous les hommes. Tout cela s’accomplit en Jésus-Christ. C’est lui le Fils élu, en qui Dieu manifeste sa gloire, c’est lui le « Serviteur » consacré par l’Esprit Saint pour réunir les dispersés d’Israël, c’est lui « la lumière des nations » qui porte le salut aux extrémités de la terre, c’est lui l’ « Agneau » de la Pâques nouvelle qui par sa mort et sa résurrection réalise la libération et scelle dans son sang la Nouvelle et éternelle Alliance.

« Voici ». Ce n’est pas un petit mot banal comme on le croirait, un mot simplement indicatif. En effet, le substrat hébreu « Hinneh » ou « Zeh » est utilisée dans la Bible chaque fois qu’il faut indiquer une révélation qui s’impose. On ne s’y attendait pas, selon ce que nous pouvions percevoir, mais « voici, hinneh, zeh » (Is 7,14 ; Ex 32,1 ; 1Sam 9,17 etc.)

« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».

Nous sommes alors invités à être attentifs pour voir ce qui ne s’offre directement à no yeux. Voici… Derrière ce jeune homme, Jésus, Jean son cousin, un autre jeune homme y découvre ce qui va au-delà. Ou mieux, comme il le dit lui-même, l’Esprit lui montre quelque chose de particulier, il lui donne une révélation. Il nous faut donc être attentifs et voir. Dans ces quelques lignes de l’Evangile, le verbe « voir » est utilisé 4 fois. Mais il faut savoir une chose ; c’est le regard de la foi et de l’amour qui reconnaît en Jésus, en ce jeune homme de Nazareth, l’Envoyé de Dieu. Autrement, ce n’est pas possible. Jean Baptiste lui-même dit qu’il ne connaissait pas Jésus. Mais vraiment, ne connaissait-il pas son cousin ? Sûrement, il le connaissait. Mais il ne connaissait pas tout le mystère que porte ce cousin : être l’agneau de Dieu qui se chargera du péché du monde. Alors, ici commence un monde nouveau, avec ces deux jeunes hommes. Nous laisserons-nous transporter par ce courant, en convertissant notre regard qui ne s’arrête souvent qu’aux apparences ? Le monde ancien s’en est allé, viennent les temps nouveaux. « Ivyā kêra birahíse, ibishasha birashitse… ». Allons, soyons attentifs, ne nous arrêtons plus aux apparences.

« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».

Dans sa profession de foi en Jésus, Jean Baptiste reprend deux images qui décrivent la mission de Jésus en tant que Messie : Jean désigne Jésus comme « l’Agneau de Dieu ». L’agneau avait un rôle important dans le rituel sacrificiel du peuple juif. On offrait le matin et le soir dans le Temple de Jérusalem un agneau en sacrifice pour expier les péchés du peuple (Exode 29,38-42). L’agneau était aussi l’animal offert en sacrifice durant la grande fête de Pâques en mémorial de la libération du peuple choisi de l’esclavage de l’Egypte (Exode 12,11-13). En désignant Jésus comme l’agneau de Dieu, Jean évoque le fait que Jésus allait s’offrir lui-même en sacrifice sur la croix pour nous libérer de l’esclavage du péché et nous donner son pardon. Jésus est donc venu nous purifier.
Il est l’agneau qui enlève et qui porte le péché du monde. Il est celui qui vient opérer une vraie libération, non celle à laquelle on s’attendait. Les prophètes, à la suite de Jérémie, avaient comparé Israël en exil à un agneau qu’on mène à l’abattoir et qui n’ouvre pas la bouche (Is 53,7, Jr 11,19). Les Rabbins présentaient donc le Messie comme un Bélier victorieux qui, de ses cornes puissantes, viendrait pour terrasser les adversaires de Dieu. Ils ne savaient pas que le mal qui nous afflige est surtout la manifestation du mal qui est plus intérieur. Alors, Jean utilise un verbe à double sens : ’αιρειν (airein) en grec signifie à la fois porter, prendre sur soi, se charger, et aussi emporter, enlever, faite disparaître. Ce ne sera donc pas un combat extérieur, du type « commando » qui répond à l’oppression par la violence. Jésus fait progresser la libération en prenant sur lui, en subissant, en se faisant solidaire de tous les écrasés du monde. En effet, les révolutions humaines ne font que déplacer le centre des tyrannies et des injustices et l’homme reste à sa soif de libération. On peut le voir avec toutes les promesses des élections qui ne changent rien après, avec toutes les promesses de la science qui résout des problèmes en en créant d’autres (les cancers -tumeurs- qui font rages, de beaux médicaments auxquels on ajoute une liste d’effets indésirables, pour ne citer que cela !) I nous faut donc changer de regard, de vision, en un mot, nous convertir à la vision de Dieu. Est-ce que je prends le temps de remercier le Seigneur pour cette libération du mal et du péché qu’il m’aide à repousser de mon cœur et de ma vie ? Est-ce que je lui laisse transformer mon cœur et ma façon de vivre ?

« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».

Oui, cet Agneau de Dieu nous donne une nouvelle vie. Il faut ouvrir les yeux pour la voir, pour la vivre. La première lecture parle d’une mission : appeler tous les peuples à la connaissance du vrai Dieu. Comment cela sera-t-il possible si nous nous arrêtons aux visions d’un monde qui fait distinctions entre les hommes ? Sommes-nous convaincus que tous les hommes ont cet appel et cette dignité d’être tous invités du même Dieu dont l’Agneau se charge de tous les maux qui affligent l’humanité ? Être la lumière des Nations, c’est aussi cela. Seul celui qui a changé de vision, qui se convertir chaque jour à la vision de Dieu, peut savoir que tous les hommes ont du prix aux yeux de Dieu. Nous sommes invités à le comprendre ; chaque fois que nous nous rassemblons à la table du Seigneur, nous sommes en communion avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de Jésus-Christ. Cela est la manifestation du salut apporté par le Christ : nous rendre fils/filles du même Père. Je relis ces mots : « vous qui êtes à Corinthe, l’Eglise de Dieu ». Je relis, nous relisons en groupe, en remplaçant Corinthe par la C.E.B., la communauté, le village, la ville qui est la nôtre. Que produit cette lecture en nous ?

Seigneur Jésus, te céder une place dans ma vie quotidienne n’est pas toujours facile. Cela demande un détachement, un lâcher prise sur mes occupations et mes plans pour t’inviter dans mon cœur. Aide-moi Seigneur à te faire une place dans ma journée d’aujourd’hui par ce temps de prière. Je veux que tu sois aussi l’Agneau de Dieu dans ma vie, celui qui me purifie de mes péchés et me pardonne. Aide-moi à combattre le péché dans ma vie et à chercher ton pardon et ta miséricorde pour que ton sacrifice puisse produire tous ces fruits dans ma vie.


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