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La Vierge Marie assumée au Ciel: « Fille » et « Mère » de l’Eglise que nous sommes.

AU FIL DU TEMPS (Articles publiés)


A. Canisius Sibomana

A. Canisius Sibomana

« Puis il parut dans le ciel un grand signe: une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête » (Ap. 12,1).
Dans le Nouveau Testament, on ne parle pas souvent de Marie, mais ce qu’on nous en dit est très important. Elle apparaît avec les apôtres le jour de la Pentecôte. Après cela, on n’en parle plus. Elle se fond dans l’Eglise. Par la suite, celle-ci lui donnera plusieurs titres. Elle est la Mère de Dieu et la Mère de l’Eglise. A partir de la fin du 7ème siècle, on célèbrera le 15 août la fête de la Dormition de Marie. Cette fête deviendra celle de l’Assomption que nous célébrons aujourd’hui.
Pour ceux qui n’ont pas l’habitude, la première lecture est un peu déconcertante. Mais les théologiens sont habitués à voir dans cette « Femme ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles » une figure de Marie. Mais la vision de la femme gémissant dans les douleurs de l’enfantement et confrontée avec le dragon prêt à dévorer son enfant dès sa naissance cadre moins bien avec l’image que

nous nous faisons de Marie.
Le voyant de Pathmos (que la Tradition identifie à l’Apôtre Jean) qui a écrit ce récit voit deux grands signes dans le ciel : la femme et le dragon. Ces signes ont une signification. Cette femme représente l’Eglise. Le dragon signifie le pouvoir oppresseur et persécuteur. En effet, au moment où ce texte de l’Apocalypse a été écrit, plusieurs chrétiens sont mis à mort parce qu’ils osent confesser publiquement leur foi et refusent de renier le Christ lorsqu’on veut les y forcer. L’auteur affirme que la victoire finale sera celle de l’Agneau, c’est à dire celle du Christ. C’est donc un message d’espérance pour tous les chrétiens persécutés. Cette vision de l’Apocalypse englobe toute l’histoire de l’humanité et l’humble fille de Nazareth se situe au beau milieu de cette histoire.

Saint Paul nous rappelle le fondement de notre foi. Il nous dit que Jésus est le premier ressuscité d’entre les morts. Par lui nous vient la résurrection. Il est celui qui détruira toutes les puissances du mal, en particulier la mort. Saint Paul nous annonce que l’ennemi à abattre c’est la mort. Toutes les professions de santé sont mobilisées contre cet ennemi. Et chacun de nous doit également lutter contre tout ce qui est mort en nous. Notre Dieu est le Dieu des vivants ; il veut que nous ayons la vie en abondance. Cette fête du 15 août est une fête de la Vie.

La lecture d’Evangile choisie pour cette fête nous raconte la visite de Marie à Elisabeth. L’élément central de cet évangile c’est la rencontre de Jésus et de Jean Baptiste, tous deux dans le sein de leur mère. Le sens de cette rencontre est donne par le dialogue entre ces deux femmes qui représentent l’ancienne alliance et la nouvelle alliance. Saint Luc nous racontera, par la suite, comment Marie a mis au monde « le premier-né » de la nouvelle alliance et l’a donné en nourriture au monde en le plaçant dans une mangeoire.
Et aujourd’hui, nous fêtons Marie qui a mis au monde le « Premier-né. » Elle est la première de cette multitude de sœurs et de frères à l’avoir suivi dans la gloire. Elle se fond avec l’Eglise mais elle en est aussi la Mère ; et en elle toute l’Eglise se trouve concentrée. Cette Eglise, ce n’est pas l’Eglise institutionnelle qui est sacrement du Christ sur la terre ; c’est l’assemblée de tous ceux qui ont été conformés à l’image du Christ par l’Esprit-Saint. Qu’ils aient ou non reçu l’enseignement des apôtres, ils incarnent dans leur vie les valeurs proclamées par Jésus.

De nos jours, la même bataille entre les forces de lumière et les forces dés ténèbres continue. Il y a autant de martyrs que par le passé, et probablement plus. Cependant, la nature du martyre a changé ces dernières années. Certains meurent pour leur foi, mais beaucoup sont tués parce qu’ils se mettent du côté des petits, parce qu’ils défendent les intérêts de ces derniers contre les puissants. Cette situation est toujours celle dont parle Marie dans le Magnificat : D’un côté, il y a le règne de ceux qui craignent Dieu, les humbles, les affamés, ceux qui, spirituellement sont de la race d’Abraham.
En face, nous avons les superbes, les puissants, les riches, les oppresseurs. Et l’humble fille de Nazareth a des paroles qui seraient jugées révolutionnaires et subversives dans toute autre bouche : « Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. »

Le Christ est le Fils de Dieu fait homme. Comme il est pleinement homme tout en étant pleinement Dieu, sa résurrection et son Ascension, dans le ciel auprès de Dieu, nous révèlent la grandeur de notre nature humaine telle que Dieu l’a voulue. Là où il est, il veut que nous soyons. Ressuscité au matin de Pâques, sorti vivant du tombeau et entré avec notre humanité dans la gloire du ciel, Jésus nous a ouvert le chemin du bonheur et de la vie auprès de Dieu. La Vierge Marie nous a précédés au ciel où elle vit avec le Seigneur Jésus ressuscité. Elle est le signe de notre propre espérance. Ce bonheur que Dieu lui a donné, il veut nous le donner à tous aussi.

L’Assomption de Marie dans la joie du ciel nous montre donc le but de notre pèlerinage terrestre. Le chemin pour y parvenir, c’est Jésus lui même qui nous le montre. Marie n’a pas suivi d’autre chemin. Elle a été la servante du Seigneur; et aujourd’hui, elle nous dit: « Faites tout ce qu’il vous dira ».
Cette fête de l’Assomption de la Vierge Marie doit raviver notre foi, notre lien profond avec Jésus Christ, notre désir de le suivre sur le chemin vers la Maison du Père. En ce jour, nous te prions Seigneur : accorde-nous par l’intercession de Marie élevée au ciel de parvenir à la gloire de la résurrection !


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