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Les Evêques du Burundi ont été reçus par le Ministre de l’Intérieur et de la Formation Patriotique.

AU FIL DU TEMPS (Articles publiés)


CECAB et MininterLes Evêques membres de la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi ont été reçus en audience par le Ministre de l’Intérieur et de la Formation Patriotique, S.E. Monsieur Pascal BARANDAGIYE. C’était ce lundi 11 avril 2016 à partir de 11h00 dans le Cabinet du Ministre.  Ce sont les Evêques eux-mêmes qui avaient demandé cette audience.

L’intention des Evêques était surtout de s’entretenir avec le Ministre pour rappeler l’identitéAudience CECAB_Mininter spécifique de l’Eglise catholique, sa mission  et sa propre contribution pour la paix et la réconciliation dans la situation actuelle du pays. Ce rappel est très important d’autant plus qu’il y a actuellement des gens qui  sèment la confusion en cherchant à confondre l’Eglise catholique avec les autres confessions religieuses ou associations.

Au  cours de l’audience, les Evêques ont d’abord rappelé que l’Eglise catholique est fondée sur la foi en Jésus Christ mort et ressuscité, qu’elle a pour mission d’annoncer, en paroles et actes cette Bonne Nouvelle de Jésus mort et ressuscité pour que le monde ait la vie. Cette Bonne Nouvelle veut l’amour et la paix entre les hommes.  La mission de l’Eglise catholique  ne consiste pas en une simple répétition des versets de la Sainte Bible.  Etant donné que Celui que l’Eglise annonce est un Dieu qui est venu s’incarner  dans une famille humaine et dans un pays bien déterminé, la Parole de Dieu annoncée doit être une bonne nouvelle qui parle au cœur de la vie des gens pour changer leur vie et celle  du pays. En outre, la paix que l’Eglise annonce n’est pas une paix quelconque. C’est la paix de Dieu  donnée par Jésus Christ quand il a dit : « Je vous laisse la paix; c’est ma paix que je vous donne ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne » (Jn 14, 27). Pour que le monde sache la marque distinctive de cette paix, l’Eglise a pris le soin de préciser, à travers son Enseignement Social, que cette paix a pour piliers essentiels et inséparables : la vérité, la justice, l’amour et le pardon.

Les Evêques ont ensuite rappelé à S.E. Monsieur le Ministre, les instruments dont se sert l’Eglise pour  accomplir sa mission : la sainte Bible, le catéchisme de l’Eglise catholique, le Code de droit canonique, le Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise et l’Accord-Cadre entre le Saint-Siège et la République du Burundi. A ce propos, les Evêques n’ont pas manqué de dire  que les quatre premiers instruments de gestion étaient communs à toute l’Eglise catholique tandis que le dernier est particulier à chaque Eglise locale.

Précisant que la mission de l’Eglise a pour visée la gloire de Dieu et la dignité de la personne humaine en vue de sa vie éternelle, les Evêques ont indiqué certains domaines où l’Eglise intervient pour la sauvegarde et la promotion de la dignité de la personne humaine. C’est notamment les domaines de l’éducation, la santé, les œuvres d’assistance sociale et caritative, le développement, la justice et la paix. Dans toutes ses actions, ont poursuivi les Evêques, l’Eglise continue la mission du Christ qui est venu pour que les « gens aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » et, elle s’emploie à apprendre aux hommes à vivre, par anticipation, la vie d’amour et de communion qui sera vécue en plénitude au ciel.

Après ce bref rappel de l’identité et de la mission de l’Eglise catholique, les Evêques ont profité de l’occasion pour donner systématiquement des clarifications sur la désinformation en cours qui voudrait faire croire que l’Eglise s’immisce dans des affaires politiques ; ou qu’elle fait des déclarations qui sortent de son champ de tir. En reprenant point par point ces fausses accusations, les Evêques ont montré, preuve à l’appui, que l’Eglise est toujours restée fidèle à sa mission et que là où elle est intervenue dans des affaires à connotation politique, la Conférence des  Evêques l’avait fait exceptionnellement, dans le strict respect de sa mission et sur demande explicite de l’Autorité publique habilitée, telle que l’Assemblée Nationale, le Gouvernement et la Commission Electorale Nationale Indépendante. C’est le cas quand il s’est agi de donner son avis sur la Constitution (c’est l’Assemblée Nationale qui l’a demandé officiellement et la Cour Constitutionnelle ne s’était pas encore exprimée), c’est aussi le cas dans l’envoi des prêtres dans certaines Commissions nationales : celle des élections, celle de  « Vérité et Réconciliation », celle du « Dialogue inter-burundais » etc. Dans tous ces cas, l’Eglise ne l’a jamais fait de son propre mouvement ; elle l’a fait  à titre exceptionnel, conformément à ses outils de gestion, dans le souci d’aider le pays à se relever et quand c’était possible, moyennant une convention qui détermine les conditions dans lesquelles celui que l’Eglise mandate doit travailler. En effet, il faut s’interroger : au moment où toutes les forces vives de la nation se mobilisaient pour donner leur contribution dans le processus de paix et de réconciliation dans ce pays, l’Eglise catholique qui a pour mission d’œuvrer pour la paix et la réconciliation pouvait-elle se dérober à participer à cette synergie dans le respect de son identité ?

Concernant la prise de parole de l’Eglise et les communiqués que la Conférence Episcopale publie à certains moments, là aussi les Evêques ont donné une lumière. L’Eglise ne travaille pas comme des associations ou d’autres entités qui s’expriment sur tous les événements, parfois  dans le  simple souci de se faire propagande.  La Conférence épiscopale fait un communiqué en cas de nécessité et pour  faire connaître au public les résultats de ses réunions ordinaires ou extraordinaires qui font partie des activités de sa mission ordinaire. La Conférence épiscopale sait que quand elle se réunit, elle est en communion avec son peuple qui l’accompagne de ses prières et de sacrifices et  elle sait qu’elle accomplit une mission pour ce peuple de Dieu dont les Evêques sont Pasteurs. Dire à ce peuple, d’une façon ou d’une autre les résultats de sa réunion fait partie de ses devoirs. Quant aux Communiqués qui diviseraient les « chrétiens », les Evêques ne s’en étonnent pas outre mesure car ils savent bien que le Christ qu’ils annoncent a été présenté, déjà dès le début de sa vie comme « signe de contradiction » (Luc 2,34)  et que la paix qu’il apporte sur terre peut effectivement paraître  comme une division où désormais, même « dans une maison de cinq personnes, on sera divisé, trois contre deux et deux contre trois : on sera divisé, père contre fils et fils contre père, mère contre fille et fille contre mère… » (Luc 12,52-53). Mais il s’agit d’une division salutaire pour une paix durable.

Les Evêques se sont également exprimés sur d’autres questions importantes de l’heure : comme le dialogue inclusif entre les politiciens, les garanties pour que les réfugiés puissent regagner leur patrie, la sécurité pour tous, etc. Sur toutes ces questions, les Evêques ont ré-exprimé leurs points de vue au Ministre dans le souci de donner leur contribution au rétablissement de la sécurité, de la concorde nationale en vue de voir le pays se remettre sur le chemin du développement.

Le Ministre de l’Intérieur accompagné de ses proches collaborateurs  a apprécié ce que les Evêques lui ont exprimé à cœur ouvert et il en a profité pour préciser la position du Gouvernement sur certaines questions. Selon le Ministre, rien ne peut entraver la bonne collaboration entre l’Eglise et l’Etat. L’œuvre de l’Eglise catholique au Burundi est bien appréciée dans les différents domaines et son influence est indéniable, c’est pourquoi le Gouvernement souhaite que l’Eglise lui emboite le pas dans la recherche de la paix, de la sécurité et de la réconciliation entre Burundais.

Le Ministre est revenu sur le dernier communiqué de la Conférence Episcopale du mois de mars dernier en précisant des points que le Gouvernement  n’avait pas du tout appréciés car, de son point de vue, les Evêques auraient dû se montrer « neutres ». Les Evêques ont pris bonne note de l’importance de ce point de vue du Gouvernement. Ils ont cependant laissé entendre au Ministre que la réalité de terrain et leur mission leur imposaient cette lecture malheureusement en contraste avec la vision du Gouvernement.

Le Ministre  a demandé aux Evêques de continuer à donner des messages de paix dans les églises, chose qui ne pose pas de problème aux Evêques dans la mesure où cela fait déjà partie de leur mission habituelle.  Le Ministre a souhaité également  que les Evêques le consultent d’abord avant de  faire un communiqué.  Mais les Evêques n’ont pas répondu positivement à cette offre dans la mesure où cela risquerait de porter préjudice à leur mission. On se rappellera que même l’Accord-Cadre reconnaît en ses deux premiers articles que l’Etat garantit à l’Eglise catholique son autonomie dans l’exercice de sa mission, en particulier celle de l’enseignement sous toutes ses formes.

Avant de conclure, le Ministre a émis le souhait de multiplier de telles audiences pour qu’il y ait un échange régulier d’informations sur la situation du pays et les Evêques ont accueilli favorablement ce souhait.

Abbé Lambert Niciteretse
Secrétaire Général de la CECAB

SOURCE: http://www.eglisecatholique.bi/


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