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Seigneur, enseigne-nous à bien prier, et à vivre en fils et filles du même Père.

AU FIL DU TEMPS (Articles publiés)


Cheminement et identité du chrétien, disciple du Christ

A. Lambert-PredicationComme des pièces qu’un tailleur de mode rassemble pour faire une œuvre d’art, un vêtement vraiment à la mode, les disposant patiemment, chacune dans sa place et cela dans une combinaison bien étudiée et séquentielle, c’est de la même manière que durant ces quatre dernières semaines, pas à pas, nous voyons Jésus, par la plume de Luc, nous décrire l’identité du disciple. Le disciple se met à la suite de Jésus, selon les exigences énoncées par Jésus même ; le disciple accomplit des œuvres de miséricorde ; il écoute la parole du  Maitre pour ne pas perdre le centre de sa vie, et aujourd’hui, le disciple est celui qui prie.

La prière chrétienne n’est pas un rite expiatoire ou propitiatoire. Il n’existe pas de geste ou séquence de mots et phrases qui peuvent nous donner une garantie d’être exaucés, un mode précis qui fait que Dieu nous écoute plus et accomplit nos désirs. Ce que le chrétien est appelé à vivre, c’est d’instaurer une relation avec le Père, une relation interpersonnelle dont l’unique règle doit être celle de la confiance filiale. Pour celui qui choisit d’entreprendre ce cheminement, en se faisant disciple de Jésus-Christ, il ne sert à rien de prononcer des formules magiques, secrètes, ésotériques ou mettre en œuvre un cérémonial très compliqué. Il suffit seulement de demander, avec confiance.

La prière de Jésus : une relation filiale et confiante avec le Père.

Luc nous présente souvent Jésus en prière. Cela témoigne de son rapport personnel et concret avec le Père. Imaginons-nous les apôtres qui le voient prier, ne le dérangent pas, s’en émerveillent. A la fin, ils demandent qu’Il leur enseigne à prier (Lc 11,1). La relation à avoir avec le Père devient le nœud central de l’enseignement de Jésus, et non les mots dont nous pourrions nous servir. Autrement, cela risquerait de se réduire à des formules et des techniques. Ce n’est pas de la magie.

La prière chrétienne trouve son modèle et contexte dans la relation que le Christ entretient avec son Père. Chaque fois que nous prions, nous entrons dans cette relation. Et ce n’est pas pour rien que la conclusion de la prière chrétienne répète ces mots : par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Le Chrétien prie « avec le Christ, par le Christ et en le Christ ». Tout ce qui ne s’inscrit dans cette logique peut être ostentation de soi-même, exercice de narcissisme, recherche de gratification esthétique et émotive, quand bien même on dirait des formules pieuses.

La prière d’Abraham témoigne de sa forte relation personnelle avec Dieu.

L’épisode d’Abraham nous illumine en cela. Le patriarche peut même « marchander » aveAbrahamPleadsForSodomc Dieu puisqu’il a avec Dieu un rapport interpersonnel d’intimité, si bien que Dieu lui-même lui révèle ses intentions intimes. Il peut discuter avec Dieu, peut le défier par rapport à sa justice (Gn 18,23) jusqu’à le mettre en interrogatoire sur un des problèmes majeurs de notre existence de chrétiens : la justice de Dieu.

Pour prier comme Abraham, nous les chrétiens, nous avons le secours de l’Esprit Saint qui prie en nous, qui prie à notre place. Avec l’Esprit Saint nous savons bien prier. Autrement nous demandons ce qui nous ne nous aide pas. Le péché nous ferme les yeux sur nos vrais besoins.

Je me rappelle cette histoire de cette personne qui est allée chez Dieu pour demander une faveur. Dieu lui répondit qu’elle devait accepter que son ennemi reçoive le double de ce qu’elle demandait. Cette personne se mit à raisonner intérieurement : si je demande une maison, mon ennemi en recevra deux. Si je demande encore 30 ans de vie, l’autre vivra plus longtemps que moi. A la fin, elle trouva une « solution » : « Seigneur, enlève-moi un œil ». La personne espérait qu’ainsi, son ennemi aurait perdu complètement la vue, en perdant deux yeux. Voilà comment nous prions, quand nous n’avons pas en nous l’Esprit de Dieu. Qui de nous n’a pas, au moins, de personne qui lui est antipathique ?

La prière nous rend magnanimes, agrandit notre cœur.

Nous qui prions « Notre » Père, nous sommes appelés à reconnaître que nous sommes tous frères et sœurs du même Père. Ceux qui nous sont amis, sympathiques, comme ceux qui ne le sont pour une raison ou une autre, sont nos frères et sœurs. Nous voyons la grandeur du cœur   du Patriarche qui ne demande pas que Dieu punisse les coupables et sauve les innocents. Il a un cœur ouvert et demande le salut pour tout le monde ! En effet, nous avons le même sort, en tant que fils/filles du même Père. Ce qui afflige l’autre devrait nous affliger, ce qui le réjouit devrait nous réjouir. Que de jalousie dans notre vie, devant la réussite de nos prochains, surtout quand nous les estimons moins justes que nous. Nous oublions que même le coupable conserve la dignité humaine. Ce n’est pas par ses mérites que le juste conquiert sa dignité, mais par l’amour gratuit de Dieu. Pareillement, le coupable reçoit sa dignité du même Père, dont nous réclamons quand nous l’invoquons comme Père. Si nous vivons comme des saints, nous rendons à Dieu l’amour que nous recevons en premier. Si nous tombons dans le péché, il faut nous convertir et répondre à l’amour par l’amour.

 Nous prions comme fils/filles dans le Fils, par la grâce du Saint Esprit.

La prière chrétienne est vraie si elle insérée dans celle du Christ, comme nous l’enseigne Saint Paul dans la deuxième lecture. Par le baptême, en effet, la vie du chrétien est insérée dans celle du Christ (Col 2, 12) ; en vertu de cela, même sa prière, comme sa vie, sont assumées dans la relation qui existe entre le Père et le Fils. L’Esprit de Dieu nous rend conscient de cela, lui qui sait lire et traduire ce dont nous avons vraiment besoin.

« Demander, chercher, frapper à la porte ».

Dans cet enseignement sur la prière comme un des aspect de la vie chrétienne, tu nous a indiqué, Seigneur, des étapes : nous devons prier, chercher, frapper à la porte. Oui, Seigneur, dans la prière, nous devons exprimer ce que nous cherchons, ce que nous voulons : notre mission, le chemin à suivre, celui de la vérité, de la vie. Nous nourrissons notre aspiration profonde, cette de frapper à ta porte, qui est celle de ton Père et « Notre Père », pour entrer en communion de vie et d’Esprit, pour vivre de la vie que toi-même nous donne. Donne-nous Seigneur de désirer ardemment ce que tu veux et de l’accomplir, par la force de l’Esprit que tu nous donnes. Amen.


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