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La foi est une relation personnelle avec Jésus, nous fait passer de la guérison au salut. Rendons grâce pour ce don.

AU FIL DU TEMPS (Articles publiés)


Universalité du salut en Jésus-Christ.

les-dix-lepreuxL’Evangile de Saint Luc qui nous accompagne le long de cette année liturgique nous rappelle constamment le caractère universel et universaliste du salut en Jésus-Christ. Au moment où nos communautés nationales, régionales, nos familles, et différents groupements risquent de nous enfermer sur nous-mêmes, Luc nous ouvre l’esprit, lui qui aurait vécu dans une société multi-ethnique et multiculturelle. Il nous montre un Jésus qui ne fanatise pas avec le racisme, les divisions de toutes considérations. En effet, Jésus se rend à Jérusalem (nous l’accompagnons depuis le mois de Juillet, quand nous méditions la fin du chapitre 9) en traversant la Samarie, province méprisée et excommuniée par les habitants de Jérusalem (Voir Jean 4,9).

Après 722 av.J.C, la Samarie avait été repeuplée d’un ramassis d’esclaves : des populations de toutes origines, un mélanges de races, cultures, croyances religieuses et peut-être des incroyants. Des hérétiques ! Ne vous rappelez-vous pas que même les apôtres de Jésus voulaient faire descendre du feu sur les Samaritains ? N’étaient-ils même choqués de trouver Jésus en train de parler avec la samaritaine ? La largeur de vue de Jésus doit nous mettre en question. N’y a t-il pas en nous des préjugés du genre ? Des catégories et groupes de gens, des gens de certains milieux, certains … (complétez vous-mêmes!) que nous avons déjà jugés et classés ?

Contre nos préjugés et classifications

naamanDans la première lecture, le Général Naaman est contraint à se dépouiller de sa noblesse pour obéir aux paroles du prophète Elisée. Quelle humilité n’a-t-il pas fallu à ce Général syrien pour aller trouver le prophète alors les Syriens et les Hébreux étaient en guerre ? En plus, la cure de guérison prescrite par le prophète lui paraissait peu sérieuse : se plonger sept fois de suite dans le Jourdain. Dépassant ses préjugés, il s’exécuta et fut guéri. Reconnaissant alors la puissance du Dieu d’Israël qui éclipse tous les dieux qu’il avait jusque-là honorés, il emporte de la terre de Palestine pour construire en son pays un autel au Seigneur. Nous qui sommes attachés à ce que quelqu’un a été dans le passé (il m’a insulté, sa famille, son ethnie… nous a fait tant de mal dans le passé, etc.), serions-nous capables de faire comme ce Général qui va se faire soigner chez les ennemis ? C’est grâce à cette humilité/humiliation qu’il découvre la miséricorde de Dieu et reconnaît la grandeur du Dieu d’Israël, bien qu’il soit étranger. La foi exige un dépouillement continuel de soi, de ses préjugés et de son orgueil.

Nous devrions tirer des leçons de ce qui précède. Que ce soit seulement un Samaritain qui accède au salut en revenant dire merci, que ce soit un général de l’armée d’un pays en conflit avec Israël qui reconnaisse la grandeur du Dieu d’Israël, cela devrait nous conduire à voir qu’on ne dépose pas de Curriculum Vitæ ou lettres de créances (puisque nous sommes tels, nous appartenons à tel groupe, telle famille,…), mais que seule la disponibilité personnelle compte.

Aller en profondeur, ne pas se contenter de l’anonymat.

Aujourd’hui, Jésus nous fait cheminer. Il veut nous tirer de l’anonymat en vue d’une relation personnalisée avec Lui. Il nous fait passer des préceptes généraux de la loi à une relation personnelle avec Lui. Il part d’un horizon très ample, régionale (la Samarie, la Galilée), en focalisant l’action sur un horizon restreint (le village des lépreux), puis du village au dialogue avec 10 personnes et, enfin, des 10 à une seule personne : le lépreux qui retourne pour dire merci. Alors que les neufs autres lépreux pensent surtout dans l’accomplissement de la loi (de se montrer aux prêtres qui certifiaient la guérison), le Samaritain veut baser tout dans sa relation avec le thaumaturge. La foi du Samaritain porte au rapport personnel avec l’Homme Jésus, pendant que celle des Hébreux porte sur la loi. La foi qui conduit à Jésus génère la reconnaissance, l’autre, non. Telle est la différence d’approche. Suis-je de ceux qui se contentent de faire partie d’un groupe anonyme (la paroisse, le groupe de prière, …) ou bien au sein du même groupe, je cherche à personnaliser ma relation avec Dieu ? Est-ce que je sais décliner mon identité à la première personne du singulier ?

Dieu écoute nos prières et les exauce.

L’épisode de Luc nous dit que les lépreux s’arrêtent à distance ( Lc17, 12) comme le prescrivait la loi. Toutefois, ils ne respectent pas scrupuleusement la loi, en ce qu’ils disent. Le Lévitique prescrivait de crier « impur, impur » (Lv 13,45), mais ces lépreux font une prière d’invocation : « Aie pitié de nous » (Lc 17,13), comme nous le prions au cours de la liturgie eucharistique. Par cette prescription du Lévitique, la loi comportait déjà une certaine condamnation, même si elle était faite pour protéger la communauté (la lèpre est contagieuse). Les lépreux expriment leur douleur de se voir exclus ; ils n’en peuvent plus. Ils font monter une invocation, une prière qui s’élève de la misère de la terre à la miséricorde qui vient du ciel. Le regard miséricordieux de Jésus les rejoint alors qu’ils sont loin : « Aussitôt qu’il les vit… » (Lc 17,14). Et c’est cela que nous faisons au début de chaque célébration. Certains que Dieu nous écoute et nous exauce, nous pouvons alors entonner le « Gloire à Dieu ». Sommes-nous attentifs au contenu de nos prières ? Ou bien ce ne sont que des formules d’un rituel vide !

L’épreuve de la foi : cheminer, avoir confiance

On devrait être frappé par la dureté de Jésus qui ne guérit pas directement les lépreux, mais les fait faire un cheminement en les envoyant aux prêtres. Nous les voyons quand même partir, dans le même état de santé, avec l’espérance de guérir, ce qui arrive par la suite. Les mots de Jésus ne sont pas un miracle, mais une promesse. Pour qu’advienne la guérison, ils doivent avoir confiance en la promesse, sans une autre forme de garantie. Ils sont tous guéris parce qu’ils se soumettent à la Parole de Jésus.

Nous voyons que la même chose se réalise pour le Général Naaman. Elisée lui demande de faire une démarche personnelle. L’autre espérait que le prophète aurait fait quelque geste magique, mais désolé, il n’en y a pas eu. Au voyage physique (topographique) qu’il fait, il doit y ajouter un autre : se dépouiller de son orgueil de noble, de la religiosité de ses croyances magiques… La guérison advient en vertu de l’obéissance à la parole du prophète. Le sommet de cette conversion n’est pas seulement la guérison, mais la confession de foi en le Dieu d’Israël. Il ne peut pas s’empêcher de prendre cette terre dont il fera un autel. Ce qu’il professe se concrétise par un geste. Il ne s’agit pas d’une profession de foi sans impact sur la vie. Célébration et vie concrète sont indissociables.

Souvent notre confiance, notre patience, notre foi sont souvent éprouvées par le temps, par cette traversée de la nuit « opaque » où nous partons sans avoir d’autres certitudes que la promesse même. Nous demandons à Dieu des choses. Il nous les promet et nous fait cheminer. Sommes-nous aussi confiants et patients ? Et quand la promesse se réalise, savons-nous être conséquents dans la vie ? Cela change-t-il quelque chose dans notre vie?

De la guérison au salut : rendre grâce, « eucharistier ».

Si la miséricorde de Dieu s’offre à tous sans distinction de provenance, de conditions sociales ou autres, mais seulement en raison de la foi, l’épisode des dix lépreux montre que devant une telle bienveillance de Dieu, les réactions peuvent être diversifiées. Des dix, un seul tourne sur ses pas. Ici se trouve la vraie foi qui croit, reconnaît le bienfait et dit merci, rend grâce. Il retourne en « eucharistiant », en rendant grâce. Qui de nous pense que quand il va à la messe, il va surtout « dire merci » à Dieu ? La messe, c’est avant tout l’Eglise qui entre dans la grande « action de grâce » de Jésus lorsqu’il « passe de ce monde à son Père ». Ne disons-nous pas : « Il prie le pain…il prit le vin, il rendit grâce… » ? Ces mots sont forts, chargés. Qu’il est grand, le mystère de la foi !

Ici se trouve la différence, puisque tous sont guéris, mais à un seul est dit : « Lève-toi et va, ta foi t’a sauvé » (Lc17,19). Ceci nous montre en suffisance que la foi vient de la personne du Christ, et non de la loi qui n’est qu’une pédagogie de Dieu qui nous conduit au Christ. C’est cette foi que l’Apôtre Paul décrit sommairement à Timothée (2 Tm 2,8), en liant ensemble la messianité de Jésus, son Incarnation et sa résurrection.

Seigneur, lorsque l’épreuve nous accable, nous sommes rapides à crier avec les dix lépreux : « Jésus, Maître, prends pitié de nous ». Nous tenons aussi à nous conformer aux règles que l’Eglise nous propose, pour faire comme tout le monde, pourvu que cela ne bouleverse pas nos habitudes et ne mette en crises nos préjugés, nos sécurités des groupes d’appartenance. Mais combien d’entre nous songent-ils à te rendre grâce, à vouloir vivre une relation personnelle et non anonyme, Toi, Dieu et Père de tous, pour le don de la foi et l’envoi de ton Fils, Jésus, en qui nous sommes tous fils et filles du même Père ?


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