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L’Avent: accueil de  » Dieu qui est, qui était et qui vient » dans notre vie quotidienne.

AU FIL DU TEMPS (Articles publiés)


A. Lambert RIYAZIMANALe premier mot de l’Evangile de ce 1er Dimanche de l’Avent indique la direction à prendre : » à l’avènement du Fils de l’homme ». Quelqu’un va venir : c’est l’Adventum, l’AVENT.  Jésus ne se présente pas comme un ‘‘homme du passé’’, mais comme un ‘‘homme du futur’’. Il parle de sa venue comme un événement qui va arriver. La fête de Noël que nous préparons n’est pas une manière de faire semblant, comme si nous jouions un spectacle en attendant quelqu’un qui est déjà venu et dont nous évoquons avec nostalgie une vieille histoire merveilleuse. Redisons-le à nous-mêmes : Jésus vient.

Une vie quotidienne sereine,  non agitée.

La première lecture peut nous aider à orienter notre effort : « Venez, famille de Jacob, marchons à la lumière du Seigneur ». Quelle est la lumière qui nous guide dans notre vie quotidienne? Celle des spots publicitaires ? des flash-infos? des devantures ruisselantes des magasins ? Réussissons-nous à prendre de la distance par rapport à ces multiples sollicitations extérieures ? Gardons-nous notre liberté intérieure ou sommes-nous prisonniers de notre société de consommation qui érige le bien-être et la jouissance en valeurs suprêmes ? 
Alors que la tradition a toujours reproché d’immoralité les contemporains de Noé. Jésus n’en parle même pas aujourd’hui. L’erreur est de « ne se douter de rien », de ne pas se soucier de l’essentiel, de ne pas avoir une perception juste du réel. Nous souvenons-nous que Jésus est là ? En effet, le mot PAROUSIE (= présence, venue) était employé dans le monde gréco-romain pour désigner les visites officielles des Empereurs. Jésus nous rend alors visite au milieu de nos occupations ordinaires, dans nos maisons, quand nous mangeons, buvons, dans nos relations hommes-femmes. A tout instant, on devrait être prêts à la parousie, à cette visite officielle, mais nous sommes agités jusqu’à ne nous soucier de rien : il y a agitation, pour ne pas dire activisme.

Une vie intérieure à construire.

Dans la seconde lecture, Saint Paul compare l’agitation de cette vie trépidante à un « sommeil » dont il nous presse de sortir. L’insistance de l’apôtre nous laisse présager que la démarche ne sera pas aisée : il s’agit d’une véritable conversion, qui exige un « combat » contre la partie obscure de nous-mêmes – celle qui est complice des « activités des ténèbres: toutes les œuvres qui ne procèdent pas d’une conscience droite, c’est-à-dire d’une conscience éclairée par la lumière de l’Esprit, et qui par conséquent sont ténébreuses. Nous ne sommes pas invités à nous soustraire au monde, mais à redécouvrir notre intériorité spirituelle, afin de nous conduire comme « des fils de la lumière, des fils du jour » ; car « nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres. Dès lors – insiste à nouveau saint Paul – ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres » (1 Th 5, 5-6). Le message est clair : la sobriété a pour but de nous soustraire à la fascination des sollicitations extérieures ; la vigilance doit nous garder attentifs aux motions intérieures de l’Esprit.

Pour qu’une telle attitude devienne habituelle, il faut bien sûr s’y exercer en des temps privilégiés durant lesquels nous nous efforçons de nous recueillir, de nous intérioriser, de revenir à nous-mêmes. La difficulté est que nous avons perdu la clé de notre chambre intérieure ; lorsque nous essayons de faire silence, nous sommes bientôt submergés par le bruit de nos pensées en cavale et par le tintamarre de nos émotions débridées. Aussi risquons-nous de nous décourager : comment pourrions-nous revenir à nous-mêmes alors que nous ne savons plus qui nous sommes ? C’est bien pourquoi saint Paul nous invite à « revêtir le Seigneur Jésus Christ pour le combat de la lumière ».

Revêtir le Seigneur Jésus Christ signifie épouser sa manière de voir les personnes, les événements ; évaluer les situations à la lumière de ses critères ; pour agir conformément à ce qu’il attend de nous. Autrement dit : pas d’oraison chrétienne qui ne soit enracinée dans la lectio divina, c’est-à-dire dans une « lecture savoureuse de la Parole », qui nous fasse entrer dans l’intimité du Seigneur Jésus, et nous donne de le connaître « en Esprit et vérité » (Jn 4, 23). 
Tel est bien le cœur de la conversion à laquelle nous sommes invités en ce temps béni de l’Avent : nous laisser conduire jour après jour par les textes de la liturgie, afin de retrouver l’attitude de vigilance intérieure qui convient à un disciple en attente du retour de son Maître.

Comme Noé, il nous faut « entrer dans l’arche » de l’Église – de notre « église intérieure », c’est-à-dire de notre cœur – pour nous y tenir prêts à « l’avènement du Fils de l’Homme ». Mieux vaut ne pas faire étalage de notre démarche : ce serait contradictoire avec sa finalité. Combien de fois nous nous sommes proposés de faire des choses, de changer, mais que nos efforts n’ont pas fait long feu ? N’avons-nous pas peut-être été trop ambitieux, « tugashāka kwîruka tútarâmenya n’úguhágarara»! Bica bífyōndōka ! Saint Jean de la Croix conseillait d’éviter d’exposer trop tôt au vent du monde, la flamme encore vacillante de notre vie intérieure commençante, afin d’éviter qu’elle ne s’éteigne. L’important est de nous « tenir prêts » dans la discrétion d’un cœur vigilant et dans l’ardente espérance de la venue du « Maître de maison ».

A l’école de Joseph et de Marie : figures de l’Avent.

 «Deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l’une est prise, l’autre laissée ». Les hommes ne voient peut-être pas de différence quand nous nous agitons tous. L’un(e) est prêt(e), l’autre non ! Ces hommes pourraient représenter la dimension extérieure de notre humanité – l’être « charnel » dont parle saint Paul ; et que les femmes symbolisent notre intériorité psychique, c’est-à-dire notre dimension affective et nos facultés. Chacune de ces polarités – masculine et féminine – est présentée en binôme, pour signifier que nous sommes « doubles » : notre être psychique et notre être charnel sont en partie autonomes, et en partie soumis à l’être spirituel, c’est-à-dire à l’homme nouveau, au Christ intérieur. « L’un(e) est pris(e), l’autre laissé(e) » : l’être naturel en nous ne subsistera que dans la mesure où il se sera soumis à l’Esprit, c’est-à-dire dans la mesure où il aura accueilli la grâce du salut. Peut-être pouvons-nous deviner, en filigrane des personnages masculins et féminins qui « sont pris », Joseph et Marie chez qui l’être charnel et psychique sont pleinement intégrés dans l’être spirituel, et mis au service du dessein de Dieu. Tous deux vivent dans le monde, mais ne sont pas du monde : leurs pensées, leurs paroles, leurs actions sont entièrement finalisées sur l’accueil du Sauveur. Qui mieux que Marie et Joseph pourrait nous introduire dans ce temps de conversion à l’unique nécessaire ?


 »Vierge Marie, apprends-nous à tourner nos regards vers l’intérieur et à cultiver la vigilance du cœur. Saint Joseph, enseigne-nous comment travailler dans le monde sans nous disperser ou nous laisser accaparer par nos activités. De sorte que “tout ce que nous disons, tout ce que nous faisons, soit toujours accompli au nom du Seigneur Jésus Christ, en offrant par lui notre action de grâce à Dieu le Père” (Col 3, 17). Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, au Dieu qui EST, qui ETAIT et qui VIENT pour les siècles des siècles. AMEN ».


Un commentaire

  1. Nyandwi André, Prof. Université de Ngozi dit :

    Homélie savoureuse et transformatrice, je l’avoue! Ne manquez pas d’en être récompensé au temps voulu. Et moi, je me délecterai de vous lire régulièrement.

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