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Dans les déserts de nos vies : « Préparons le chemin du Seigneur, rendons droits ses sentiers. »

AU FIL DU TEMPS (Articles publiés)


jn-baptisteLes grandes traditions religieuses s’exposent tôt ou tard à la tentation de l’autosatisfaction et de l’immobilisme. Voilà pourquoi l’histoire biblique fut sans cesse secouée par les interventions des prophètes, ces fougueux interprètes de la Parole de Dieu. C’est ainsi qu’Isaïe, rebuté par l’incurie aventureuse des dirigeants de son peuple, annonce l’avènement d’un roi selon le cœur de Dieu, qui fera régner la paix et la justice. L’évocation paradisiaque de cet avenir espéré souligne sa nouveauté proprement incroyable. Sept siècles plus tard, Jean Baptiste stigmatise le conformisme de ses auditeurs : leur qualité de fils d’Abraham ne les dispense pas de la rude conversion qu’exige la venue du Royaume. C’est à cette condition que peut naître un monde où « le loup habitera avec l’agneau », un monde où le désert peut refleurir, surtout le désert d’un cœur stérile qui n’espère plus en rien, n’a plus confiance en celui que Dieu met nos chemins.

«…préparons le chemin du Seigneur », dans les déserts de nos vies.

Le désert est un lieu sans références, où l’on se perd facilement. Pourtant, c’est dans le même désert (celui de nos inquiétudes et nos incertitudes, nos peurs du lendemain, …) que crie la voie du Baptiste : une voix qui crie dans le désert, dans nos désert. Et c’est la raison pour laquelle Jean le Baptiste reçoit des foules qui l’écoutent. Il ne crie pas dans un désert vide, j’allais dire « un désert qui est désertique », mais s’adresse à un désert qui a sa vie concrète, son histoire, ses peurs et angoisses, ses joies,…

C’est ici alors que nous réussissons à cueillir le message d’Isaïe. Il ne dit pas que c’est « une voie qui crie dans le désert », mais il invite à préparer le chemin du Seigneur « dans le désert ». Il n’est pas dit que cette voie parle dans le désert ! C’est pourquoi le Baptiste, même s’il parle dans le désert, ce dernier n’est plus désert puisqu’il est affolé de personnes qui y reconnaissent le désert aride de leurs vies. Autrement dit, ce désert est le leur, c’est leur vie qui est touchée, qu’ils confessent leurs péchés et se font baptiser. «Viens Seigneur, et nos déserts refleuriront », les déserts de nos vies ne resteront plus désertiques, mais pourront porter du fruit.

Le désert est en train de se couvrir de foules ! Il revit ! Non seulement le désert des bords du Jourdain qui devient comme un centre, provoquant un mouvement de partout : de la région urbaine (Jérusalem !) à l’ouest… de la région rurale (le Jourdain !) à l’Est… mais aussi et surtout le «désert du cœur» qui se met soudain à revivre… dans l’humilité et la pénitence. Il ne suffit pas de changer là société» (mais il le faut aussi),
il faut «se changer soi-même», irriguer le désert de notre vie. Ce désert peut se transformer en un lieu de relations des uns avec les autres, et non seulement un lieu de solitudes et d’égarement.

Faire refleurir nos déserts, c’est «être accueillant, savoir se faire tout à tous».

L’ère messianique décrite dans la première lecture se concrétise avec le rétablissement des relations entre les hommes et la création, entre les hommes entre eux, dans un monde qui est toujours en proie aux divisions et exclusions. Paul le rappelle à la communauté chrétienne de Rome, carrefour de races et de mentalités, comme toutes nos grandes villes. Il y avait dans cette Église des fervents et des tièdes, des juifs et des païens convertis. Il était difficile de réaliser l’unanimité des cœurs et des esprits, même dans la prière. Pourtant le Christ n’avait-il pas donne la preuve de son amour pour tous ? Aux juifs qui attendaient le Sauveur promis, comme aux païens, qui apprirent avec joie que le Christ venait aussi pour eux. En implantant l’Eglise au milieu des peuples, n’avait-il pas fait confiance aux hommes ? Est-ce que nous sommes de cette nouvelle mentalité qui voit dans notre prochain, quelqu’un qui a été sauvé par le Christ, pardonné comme moi-même? Suis-je ouvert aux autres, ou bien mon coeur demeure un désert où n’habite personne, où je vis seul, dans la solitude? La conversion est principalement « metanoia », (meta= au-delà, changement, et noia=mentalité). Voici alors le moment favorable pour faire refleurir nos déserts arides, et les irriguer avec des nouvelles mentalités ouvertes aux autres comme Paul le recommande aux Romains: « Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu. »

Nous sommes tous investis précurseurs et témoins de Celui qui vient.

Du sein de Marie, Jésus est allé visiter son cousin Jean-Baptiste et l’a investi précurseur bien avant sa naissance. Il en a été tout joyeux, comme le témoigne sa mère Elisabeth : « l’enfant tressaille d’allégresse dans mon sein ». Nous avons aussi été investis de cette mission dès notre baptême. Pour cela, l’attente du jour du Messie ne peut être inactivité, nous devons travailler pour qu’advienne ce règne de paix et de confiance entre nous et auquel nous aspirons. Comment ? Jean-Baptiste nous sert d’exemple. Notre action doit commencer par nous-mêmes avant de s’étendre aux autres. Il s’est converti lui-même, dans son style de vie avant de crier aux autres, comme un témoin crédible qui savait toucher les déserts des cœurs de ses contemporains. Sa joie la plus grande a été celle de rencontrer Celui dont il était le précurseur, quand il a dit : « Voici l’Agneau de Dieu, voici Celui qui enlève le péché du monde ». Ces mots peuvent sonner familiers dans nos oreilles habituées à les entendre avant la communion. Et pourtant, bien au contraire. Sommes-nous convaincus que nous sommes investis de cette mission, chaque fois qu’au renvoi de la Sainte Messe, après avoir rencontre l’Agneau de Dieu, le prêtre nous bénit et nous envoie en mission ?


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