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Cherchons d’abord le Royaume de Dieu et sa justice.

AU FIL DU TEMPS (Articles publiés)


Une mère peut-elle abandonner son enfant ? À supposer même que cela soit possible, nous dit le prophète dans la première lecture, Dieu, lui, n’oubliera par son peuple. Encore faut-il que l’homme choisisse entre l’amour de Dieu et l’amour de l’argent. Chaque fois que les soucis alimentaires et matériels prennent le pas sur la recherche du Royaume, nous sommes en danger de perdre notre âme. Manger, boire, se vêtir, avec tous les soucis que cela entraîne, est-ce l’essentiel dans la vie de l’homme ? Cette page de l’évangile de Matthieu ne contredit nullement l’exigence de justice et de solidarité à laquelle nos contemporains sont principalement sensibles ; elle nous met en garde contre l’asphyxie qui nous guette lorsque nous nous fermons à la Parole de Dieu.

L’humour discret qui marque la comparaison avec l’insouciance des oiseaux et des fleurs souligne ce que l’inquiétude excessive des hommes a de déraisonnable. Avec ce brin d’humour, le Christ répond qu’en ce cas la condition de l’homme serait bien plus pénible que celle des oiseaux ou des fleurs, puisqu’eux ont le bonheur de recevoir tout cela de notre Père du Ciel. L’homme serait-il moins aimé que les oiseaux ou les fleurs ? L’homme est fait pour chercher et trouver Dieu qui peut seul combler toutes ses aspirations à un royaume de justice et d’amour. Il aura toujours à s’enquérir de sa nourriture et de son vêtement, à aménager le monde en conséquence, mais en tout chercher ce Royaume que Dieu lui promet. C’est vrai que nous cherchons à prévoir le lendemain, tant pour nous-mêmes qu’en voulant assurer l’avenir de nos enfants. C’est légitime. Mettons autant de soin et d’ingéniosité à chercher le royaume Dieu et sa justice.

Aujourd’hui est plus important qu’hier ou demain.

Beaucoup   de personnes   s’inquiètent de ce qui leur est arrivé hier ou de ce qui leur arrivera demain. Cette inquiétude rend très difficile le fait d’être pleinement vivant au moment présent. Ici également, Jésus invite son auditoire à regarder le moment présent et à le vivre comme un  moment ou une grâce donnée par Dieu. Aujourd’hui est le moment à accueillir comme une grâce. Nous devrions regarder le passé uniquement pour mieux apprécier ce que Dieu y a fait pour nous, afin de mieux apprécier ce qu’il fait actuellement pour nous. Et nous devrions regarder l’avenir dans l’espoir et l’assurance confiante que Dieu continuera à nous montrer combien il est bon.

Dans l’Évangile de Matthieu, l’intérêt à porter au moment présent est tellement important que dans sa version du Notre Père utilisée par l’Eglise, il nous fait demander uniquement le don du pain quotidien (Mt 6, 11). Il n’y a là aucune trace de souci pour le lendemain. La confiance totale est ce que demande Jésus à ses disciples : la confiance que Dieu qui a pris soin de nous jusqu’ici le fera également demain et par la suite.

Cette confiance en Dieu n’est pas une invitation à la paresse ou l’interdiction de planifier le lendemain, au contraire, cette attitude de confiance nous amène à un partage plus grand de nos ressources. C’est un péché d’avarice et contre la justice d’emmagasiner pour notre besoin personnel du lendemain ce dont nos frères ont besoin aujourd’hui pour vivre une vie digne d’enfants de Dieu. C’est ici que nous accueillons le message de la première lecture où Dieu prend soin de nous quand tous les espoirs se sont écroulés. C’est la situation du peuple d’Israël dans la période sombre de l’exil ; le peuple captif à Babylone se croit oublié de Dieu, si grande est sa misère ; le prophète lui rappelle l’amour indéfectible et la tendresse quasi maternelle du Seigneur à son égard.

En Dieu, l’amour est tendresse, semblable à celle d’une mère pour son enfant. À quel oublié, sevré de tendresse, me faut-il manifester cet amour ? Si Dieu me manifeste son amour, il m’apprend et me demande de faire autant pour ceux dont les espoirs se sont brisés, ceux qui ne voient plus aucune raison de vivre. Et il y en a plein, autour de moi. Je peux alors ouvrir ma porte, mon porte-monnaie, mes épargnes pour alléger leur peine, puisque Dieu qui m’a permis d’avoir tout cela ne peut m’abandonner non plus. La Parole de Dieu m’apprend qu’il a entendu les pleurs de son peuple Israël. Il le fera aussi pour moi si je suis confiant en lui.

Seigneur Dieu, toi que nous appelons Père, avec Jésus, nous admirons les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, et c’est toi qui les nourris. Les lis des champs, qui ne travaillent ni ne filent, tu les habilles de lumière et de beauté. Nous savons qu’à tes yeux nous valons bien plus que les oiseaux et les fleurs. Apprends-nous à goûter la vie comme un cadeau merveilleux et à nous ouvrir à la parole libératrice de ton Fils.


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