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Le Ressuscité chemine avec nous, sur les routes de nos désespoirs et nous aide à tourner la page. Sachons le reconnaître.

AU FIL DU TEMPS (Articles publiés)


IMG_20170415_232932Le récit du retour à Emmaüs de Cléophas et de son compagnon (qui n’est pas nommé pour que je puisse m’y reconnaître), le soir même de la résurrection de Jésus, est l’une des histoires les plus dramatiques et populaires de Saint Luc, et ce récit ne se trouve que Chez lui. Découragés et déçus par les événements récents, les deux disciples sont en route (ou mieux, ils sont en déroute) et s’éloignent de Jérusalem, jusqu’à ce qu’un l’étranger’ se joigne à eux sur le chemin. Ce Jésus qui marche avec ces deux hommes déçus est l’expression plastique du Ressuscité qui chemine avec l’humanité sur les routes du monde, même si l’humanité est distraite, parle d’autres choses, ne pense pas à Dieu et ne peut donc le reconnaître.

Ces deux disciples parlent de Jésus au passé, comme d’un mort : «cet homme était… ils l’ont livré… l’ont crucifié. » Leur espérance en lui est morte, elle aussi : « nous espérions… mais voici déjà… » Elle est éteinte à tel point que la bouleversante nouvelle qu’ils racontent : quelques femmes… n’ont pas trouvé son corps… des anges, qui disaient qu’il est vivant » ne les sort pas de leur incrédulité et de le désespoir : « lui, ils ne l’ont pas vu. » Ce qui les empêche de croire le témoignage des femmes, ce n’est pas de ne pas le voir, c’est leur manque de foi en la Parole de Dieu annoncée par les prophètes. S’ils acceptent de relire la Bible à la lumière de la destinée de Jésus, ils le reconnaîtront pour le Christ, le Messie qui, pour conduire les hommes à Dieu, devait passer par la souffrance avant d’entrer dans la gloire, non pas parce il aimait la souffrance, plutôt parce qu’il aimait ceux qu’il voulait sauver, à n’importe quel prix et sacrifice, fût-ce même la souffrance et la mort.

Alors, ils le sauront vivant près d’eux, même lorsqu’ils n’auront plus d’autres signes que l’eucharistie, la fraction du pain. La fraction du pain par l’étranger leur fait découvrir que Jésus est bien vivant, qu’il est ressuscité. Et cette Bonne Nouvelle est telle qu’ils ressentent l’urgence de retourner la partager avec les autres disciples. Il n’y a pas de temps à perdre ! De tristes et désillusionnés, ils sont devenus joyeux, et plein d’enthousiasme ; ils ont conscience d’être les envoyés du Seigneur ressuscité. Oui, la force symbolique de la fraction du pain, qui dévoilera aux disciples l’identité de l’inconnu, ne doit pas faire oublier l’importance de la catéchèse biblique qui a recédé. Catéchèse dont la liturgie nous offre aujourd’hui deux exemples : la première lecture et l’épître.

Nous avons tous des images diverses de Dieu, et nous cherchons à accorder Dieu à nos images. Ainsi, nous désirons que Dieu intervienne pour mettre fin à la terrible violence qui est présente dans notre monde, ou aux famines qui sévissent, ou encore aux souffrances et même à la mort. Bien des gens expriment leur manque de foi parce que Dieu n’est pas intervenu pour les soulager dans leurs épreuves. La Parole de Dieu met au défi ce qu’humainement nous attendons de Dieu. Cette Parole nous aide à grandir dans une meilleure compréhension de ce qu’est Dieu en vérité et comment il intervient dans notre histoire humaine. Lorsque nous partageons nos réflexions intérieures avec sa Parole et que Jésus nous nourrit de ses sacrements, peu à peu il va nous apporter sa lumière et nous aide à la faire rayonner autour de nous. Nous pouvons alors inviter, accueillir et servir l’inconnu que nous rencontrons sur nos routes. Car lorsque Dieu nous donne sa lumière, il nous incite toujours à partager notre expérience avec les autres autour de nous.

Il y a peut-être un détail que nous n’avons pas saisi : les deux disciples n’avaient pas encore reconnu Jésus, mais ils l’ont invité à partager leur pain, puisqu’ils se préoccupaient de cet inconnu qui voyageait alors qu’il se faisait tard. C’est ce geste d’hospitalité qui a disposé leur cœur à le reconnaître. La question est donc celle-ci : si les deux disciples éprouvaient de la joie quand ils écoutaient Jésus, pourquoi pouvons-nous rentrer de nos assemblées étant tristes comme si nous n’avions pas rencontré le Christ dans sa Parole et son Pain de la vie ? Voyons si ce n’est pas parce que nous ne sommes pas encore capables de nous préoccuper de ceux qui ont besoin de nous et que le Seigneur met sur nos chemins.

 Seigneur Jésus,
Pour beaucoup d’hommes et de femmes de ce temps, tu n’es qu’un inconnu. Parmi ceux qui portent ton nom, nombreux sont ceux pour qui tu demeures un étranger. Ouvre nos esprits et nos cœurs ! Dans la lumière de l’Esprit Saint, fais-nous comprendre ce que Dieu nous dit dans le livre de sa Parole. Reste avec nous, prends place à notre table, rassemble-nous pour la fraction du pain en mémoire de toi !


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