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Jésus ne subit pas sa mort, mais se donne par amour libre, solidaire à notre condition pécheresse pour nous sauver.

AU FIL DU TEMPS (Articles publiés)


Christ-RoiPour découvrir qui est Jésus, il faut oser nous mettre à sa suite sur les chemins de sa Pâque, et contempler avec les yeux de la foi, la gloire du Fils de Dieu qui resplendit au cœur même de la déréliction de sa Passion d’amour. Mieux que tous les autres évangélistes, Jean souligne la manière dont Jésus domine ceux qui semblent disposer de lui. C’est Jésus et lui seul qui dirige les événements selon les desseins du Père, les menant à leur parfait accomplissement. Si l’évangéliste insiste ainsi sur la souveraine liberté de Notre-Seigneur, c’est pour souligner qu’il vit sa Passion comme une offrande d’amour. Judas n’a même pas besoin de livrer son Maître : celui-ci se présente lui-même : « Qui cherchez-vous ? ». Bousculade imprévue ? Surprise devant la sérénité et la maîtrise de celui qu’ils viennent arrêter ? Ou mystérieuse terreur religieuse ? Quoi qu’il en soit, les gardes et les soldats « reculent et tombent à terre », se prosternant sans le vouloir devant la majesté de leur victime.

Comme « le Bon Berger qui donne sa vie pour ses brebis », Jésus protège les siens et les met à l’abri : « Si c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci ». Saint Jean commente : « C’est ainsi que devait s’accomplir la parole que Jésus avait dite : “Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donné” ». Par contre pour lui-même, Notre-Seigneur refuse toute protection : au fougueux Simon-Pierre qui dégaine l’épée, il ordonne : « Remets ton glaive au fourreau ! La coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ? ».

Anne, Caïphe, Pilate, tous sont impressionnés par la dignité et la maîtrise de soi de cet étrange prisonnier devant lequel ils n’ont d’autre recours que la violence. Mais ni les insultes, ni les menaces, ni les tortures ne viennent à bout de la paix de cet enchaîné qui se révèle infiniment plus libre que ses juges et que ses bourreaux : «Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en-haut». Ces hommes ne sont que les instruments d’un dessein qui les dépasse infiniment ; par leur cruauté et leur injustice : ils sont sans le savoir les artisans de leur propre salut. «C’étaient en effet nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était châtié, frappé par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos fautes qu’il a été transpercé, c’est par nos péchés qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris», avons-nous lu dans la 1ère lecture.

C’est donc là, au pied de la Croix, qu’il nous faut demeurer avec lui, afin d’apprendre de Dieu lui-même qui nous sommes à ses yeux, le prix que nous avons pour lui. «Je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem un esprit de bonne volonté et de supplication. Alors ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé. Ce jour-là une source jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem en remède au péché et à la souillure » (Za 12, 10. 13, 1) : que le flot de tendresse jaillissant du Cœur du Christ chasse toute culpabilité et toute angoisse devant sa souffrance et sa mort. Elles sont nôtres les blessures de l’Agneau : comment nous les reprocherait-il, puisqu’il nous les offre pour que nous y trouvions la guérison.

Oui, c’est homme bafoué, défiguré, déconsidéré, transpercé,… qui ouvre à l’humanité une voie de sortie de toute la misère et de la nuit opaque du péché. Oui, aujourd’hui, avec Jésus bafoué marchent sur le chemin de la croix tous les hommes bafoués par notre monde : ceux qui ne savent pas se défendre, ceux qui n’ont pas l’instruction et qui ne savent pas même ce à quoi ils ont droit et qui sont donc manipulés, ceux qui font les frais du progrès technique et économique déséquilibré qui asservit l’homme et le déshumanise, ceux qui croupissent dans les prisons ou qui en sortent sans pouvoir trouver du travail,… Oui ! Aujourd’hui, avec les hommes déconsidérés : le cadre et l’ouvrier qu’on chasse du travail et qu’on déclasse, les filles-mère laissées pour compte et rejetées par la société, les jeunes traités d’asociaux alors qu’ils sortent des écoles pour vivre le chômage, … Oui ! Avec Jésus défigurés, tous les hommes défigurés : les hommes et les femmes abîmés par l’alcool, la drogue, la prostitution, les enfants dévitalisés par la malnutrition,… Oui ! Avec Jésus transpercé, tous les hommes transpercés : ceux que nos guerres, nos rébellions, les accidents de routes et du travail qui sont souvent dus à la négligence des uns ou des autres, les enfants maltraités dans leurs corps ou leurs âmes, surtout par ceux qui devraient les protéger: les maitre(sse)s d’écoles, les deuxièmes épouses après la mort de leurs mères,… Ils sont tous victimes du péché du monde que Jésus est venu enlever au prix de la mort : dans sa passion, il s’est voulu solidaire de ceux qu’il venait sauver. Oui ! C’est parce qu’il a crié vers Dieu en disant : « pourquoi m’as-tu abandonné ? » qu’il est proche de ceux que la misère ou la souffrance poussent jusqu’au bord du désespoir. C’est parce qu’il a crié en disant « Mon Dieu ! Mon Dieu ! » que nous sommes assurés que notre cri est arrivé jusqu’à Dieu. Son espérance, de même que la nôtre, ne peuvent pas être vaines.

«Venez, faisons de notre amour comme un encensoir immense et universel, prodiguons cantiques et prières à celui qui a fait de sa Croix un encensoir à la divinité, et nous a tous comblé de richesses par son Sang » (saint Ephrem).

 


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