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L’Assomption de la Vierge Marie :continuité entre l’humble service au prochain et la vie éternelle.

AU FIL DU TEMPS (Articles publiés)


L’Assomption de Marie dans la joie du ciel nous montre le but de notre pèlerinage terrestre. Le chemin pour y parvenir, c’est Jésus lui même qui nous le montre. La Madone n’a pas suivi d’autre chemin, elle a été la servante du Seigneur; et aujourd’hui, elle nous dit: « Faites tout ce qu’il vous dira». Cette fête de l’Assomption de la Vierge Marie doit susciter et renforcer notre foi, notre lien profond avec Jésus Christ, notre désir de le suivre sur le chemin vers la Maison du Père.

Dans la première lecture, le voyant de Patmos (que la Tradition identifie à l’Apôtre Jean) qui a écrit ce récit voit deux grands signes dans le ciel : la femme et le dragon. Ces signes ont une signification. Cette femme représente l’Eglise. Le dragon signifie le pouvoir oppresseur et persécuteur. En effet, au moment où ce texte de l’Apocalypse a été écrit, plusieurs chrétiens sont mis à mort parce qu’ils osent confesser publiquement leur foi et refusent de renier le Christ lorsqu’on veut les y contraindre. L’auteur affirme que la victoire finale sera celle de l’Agneau, c’est à dire celle du Christ. C’est donc un message d’espérance pour tous les chrétiens persécutés. Cette vision de l’Apocalypse englobe toute l’histoire de l’humanité et l’humble fille de Nazareth se situe au beau milieu de cette histoire.

De nos jours, la même bataille entre les forces de lumière et les forces dés ténèbres continue. Il y a autant de martyrs que par le passé, et probablement plus. Certains meurent pour leur foi (Moyen-Orient, Nigéria,…) mais beaucoup sont tués parce qu’ils se mettent du côté des petits, parce qu’ils défendent les intérêts de ces derniers contre les puissants. Cette situation est toujours celle dont parle Marie dans le Magnificat : D’un côté, il y a le règne de ceux qui craignent Dieu, les humbles, les affamés, et de l’autre, nous avons les superbes, les puissants, les riches, les oppresseurs.

La lecture d’Evangile choisie pour cette fête nous raconte la visite de Marie à Elisabeth. Certains éléments peuvent retenir notre attention et notre méditation, dans cet évangile: la rencontre de Jésus et de Jean Baptiste, tous deux dans les seins de leurs mères et le service que la Mère de Dieu vient prêter à sa cousine. Le dialogue entre les deux femmes nous porte à une grande profondeur théologique: L’ange dit à Marie que « rien n’est impossible à Dieu » donnant pour signe la grossesse d’Elisabeth, malgré le poids de l’âge. Marie comprend que les deux maternités sont liées dans le plan de Dieu. Jean, à 6 mois dans le sein maternel, reconnait celui dont il sera le précurseur; Elisabeth bénit Marie et l’Enfant qu’elle porte en son sein et prophétise en appelant Marie « bienheureuse ».
Le premier Testament représenté par celle qui porte le dernier prophète du Très-haut rencontre le Nouveau et s’accomplit en celle qui porte le Messie tant attendu. A Marie est donc donné de vivre pleinement ce mystère dans le service dont la vieille Elisabeth a besoin. L’Évangile de cette solennité nous invite à faire part d’une histoire extraordinaire de deux femmes qui partagent leur foi, leur espérance et leur joie pendant qu’elles se préparaient pour être mères. C’est une occasion pour célébrer entre Elisabeth, vieille et stérile, et Marie, jeune fiancée vierge – une histoire sur la capacité de Dieu à donner la vie et à la soutenir. Notre Dieu fait jaillir la vie des entrailles stériles et des tombeaux vides. C’est le mystère qui réjouit les deux femmes.

Marie et son Fils partagent le même souci : SERVIR. La résurrection et l’Assomption, pouvons-nous dire, sont la réponse de Dieu à ceux qui ont voulu servir. Dans l’épisode que nous raconte l’Evangile, Elisabeth s’étonne de voir Marie, la Mère de son Seigneur, venir l’aider à préparer la naissance de Jean-Baptiste en assumant les tâches ménagères (casalinga). La mère de Dieu se veut servante comme elle l’a dit à l’Annonciation : « je suis la servante du Seigneur ». Ici elle se présente aussi comme servante : « Dieu s’est penché sur son humble servante ». La mère agit donc comme son Fils, Jésus, qui est « venu pour servir et non pour être servi ».

Alors, on comprend la raison d’être des lectures de cette solennité qui ne nous racontent pas la fin de la vie de Marie, mais mettent surtout devant nous des scènes normales de la vie quotidiennes : deux femmes qui se saluent, qui s’entraident. L’Evangile de l’incarnation nous ramène aux réalités corporelles. Ici, la corporéité, la maternité et la naissance nous révèlent le projet de Dieu sur l’humanité. Par conséquent, le corps n’est pas une réalité banale, méprisable. Qui méprise le corps touche aussi le cœur et méprise le Créateur. Qu’il est douloureux d’assister en notre temps, à tant de mépris et de dévalorisation du corps ! La torture faite souvent par les proches, les divers corps de police qui devraient protéger et lutter pour la dignité de la personne humaine ! Certaines publicités qui chosifient le corps de la femme ! (je me demande: si on met une femme à côté d’une chose à vendre, qu’est-ce qui a le plus de valeur ? La chose ou la femme ? je ne tenterai pas d’y répondre), la pornographie qui expose le corps qui devient par conséquent un objet, les crimes de guerres, les violences faites aux femmes, aux hommes, aux enfants, aux mineurs (nos élèves),…

Comme il nous est bon alors que l’Evangile de l’Assomption soit cette humble scène de vie quotidienne. En effet, Marie n’est pas une déesse, il nous serait impossible de l’imiter. Elle est une jeune femme qui a vécu sa vie normale, quotidienne, et elle a participé à la vie de son Fils par le service du prochain. Si la parole de Dieu nous a parlé de la résurrection, rappelons-nous que c’est un point important de notre credo : nous croyons à la résurrection de la chair ! Mettons-nous donc au travail, ou mieux, au service de nos frères et sœurs, dans l’humilité, puisque qu’il y a continuité entre humilité et éternité (toutes les générations me diront bienheureuse).

« Béni sois-tu, Dieu notre Père, en l’honneur de la Vierge Marie. Par elle, ton Fils éternel est né parmi nous. Par lui, Marie est entrée dans ta gloire. Parfaite image de l’Eglise à venir, elle soutient notre espérance, nous, ton peuple qui chemine encore. Merci Seigneur pour ta bienveillance ».


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