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Archives de Catégorie: Méditations

« Tu es le Christ ». Et nous sommes tes disciples. Aide-nous à être cohérent(e)s avec notre identité.

cropped-img_20170723_114654.jpgLa question que Jésus pose à ses disciples constitue le noyau central des Evangiles et l’interrogation des hommes et femmes de tous les temps. Hérode se posait la même question: « Qui est celui-ci? » (Lc9,9). Les disciples lui rapportent ce que pensent l’opinion publique à son sujet, et d’une manière unanime, celle-ci lui reconnait un caractère particulier : un homme de bien, un homme de Dieu, un prophète. Pourtant? Ces réponses manquent quelque chose d’essentiel : elles évoquent toutes des choses du passé, un passé merveilleux. Elles sont incapables de s’ouvrir au futur, à la nouveauté, elles ne rendent pas capables « d’élever les cœurs » et de « les tourner vers le Seigneur », comme nous le répétons à chaque célébration eucharistique qui actualise pour nous le mystère de notre rédemption. Que de fois nous sommes restés prisonniers du passé! Quand les choses allaient encore bien! S’est-elle éteinte d’âge en âge, la Parole? L’amour du Seigneur pour nous, a-t-il donc disparu? Ainsi s’interroge le psalmiste.

Césarée de Philippe.
Après l’épisode de Tyr et Sidon, avec les douze, Jésus s’est retiré dans la région de «Césarée-de-Philippe », ville construite par le tétrarque Hérode-Philippe près des sources du Jourdain, et ainsi dénommée en l’honneur de l’empereur Auguste. Jésus a-t-il voulu susciter la reconnaissance de son identité messianique sur l’horizon de cette cité élevée à la gloire des grands de ce monde, afin de suggérer l’antagonisme irréconciliable entre (suite…)

Par la foi qui nous ouvre aux merveilles de Dieu, nous sommes capables d’écouter et de proclamer la parole de Dieu.

Homélie« Ne craignez pas » : Isaïe répercute dans notre première lecture une parole de Dieu qu’on retrouve tout au long de la Bible (on dit plus de 360 fois, ce qui voudrait dire que le Seigneur nous le dit chaque jour de notre vie). Dès lors que Dieu lui-même vient sauver les hommes, il leur faut bannir la peur. C’est alors que s’ouvriront les oreilles des sourds, et la bouche des muets criera de joie. Cette prophétie se réalise littéralement dans la guérison d’un sourd-muet rapportée ce dimanche dans l’Evangile de Saint Marc. Nous sommes en présence d’une catéchèse baptismale centrée sur l’écoute de la parole de Dieu (les oreilles) et la confession se la foi (la langue). Entendre et parler: l’appel s’adresse à nous qui avons souvent les oreilles obstruées et la langue étrangement nouée (ntā guhāndwa ku rurími ikirēnge kírihó, disent les Burundais: est-ce vraiment héroïque??). Nous prêtons oreille complaisante à des commérages, à des ragots les plus douteux et les rumeurs de toutes sortes, mais nous n’entendons pas souvent les cris de détresse (inda y’úwùúndi ikomá indûrú ntiwûmve!!!) ; nous sommes intarissables sur des sujets scabreux, du tout inutiles, mais frappés souvent (suite…)

Du pur et de l’impur: le chrétien nourrit son intériorité en Jésus-Christ pour l’extérioriser dans sa vie.

HomélieLa contraposition entre l’obéissance et la liberté est typique d’une phase spécifique de la croissance : l’adolescence. Dans l’Evangile, l’attitude que Jésus nous présente est un exemple d’un christianisme adulte. Si d’une part, Jésus dénonce avec force ceux qui voudraient instrumentaliser la loi pour en faire un instrument d’oppression de l’homme, de l’autre, il nous met en garde : tout ce qui nous vient de l’intérieur n’est pas forcément positif. C’est pourquoi Jésus déplace l’attention vers notre monde intérieur qui est fait d’intentions, de motions et d’émotions.

Dans notre langage quotidien, nous nous rendons compte de la présence de beaucoup de lieux communs ( topoi en grec). Par exemple, on entend des personnes dire que nous ne sommes plus au Moyen-Age (pour dire qu’il était un temps obscur…) en oubliant que par exemple, les universités sont nées en ce temps-là ! Pour l’Evangile de ce jour, on risque d’être superficiel et succomber au même préjugé. Un de ces lieux communs est la description caricaturale qu’on se fait du judaïsme aux temps de Jésus. On est porté à penser que les contemporains de Jésus vivaient une religiosité excessive et formelle, extérieure et hypocrite, donc pharisaïque. Et on pense alors que le christianisme (doctrine fondée en Jésus-Christ) est une religion d’intériorité. Allons-y doucement !

Dans les faits, l’hébraïsme était et est une religion de l’intériorité comme le christianisme. Ce dont Marc parle aujourd’hui se réfère à une pratique minoritaire qui étendait au quotidien les ablutions sacerdotales. Par contre, (suite…)

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