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Ayons un regard ouvert au bien, bienveillant envers tous. Notre Dieu embrasse largement. Il s’offre à tous.

HomélieDieu qui vient à notre rencontre dans cette liturgie est un Dieu qui embrasse largement ! La première lecture et les premiers versets de l’Évangile du jour, nous disent quelque chose du sens de l’ouverture de notre Dieu. Il n’est pas le Dieu d’une secte, d’un cercle fermé, il est le Dieu pour tous. Il s’offre à tous. La deuxième lecture et les derniers versets de l’Évangile, nous amènent, sans transition et sans détour, à la question du mal, plus exactement à la responsabilité humaine dans cette question. Un Dieu qui embrasse largement !

Une tentation vieille comme l’humanité : celle de se croire les meilleurs, les dépositaires exclusifs de la vérité, les seuls qui font le bien. C’est une tentation qui touche les sociétés et les communautés dans leurs diversités. Même l’Eglise du Christ n’est pas épargnée, comme il en a été le cas aussi dans l’Ancien Testament. Dieu notre Père a déposé des semences du bien en toute personne créée à son image et à sa ressemblance, et ces semences peuvent toujours porter du fruit même quand on ne s’y attend pas. Dieu veut le salut de tous. C’est pour cela qu’il veut modeler notre intolérance par la réaction de Moïse qui souhaiterait que chaque Israélite soit docile à l’Esprit de Dieu et sache se gouverner et aider les autres ; même son de cloche chez le psalmiste qui reconnait que personne ne peut discerner tous ces erreurs, parce qu’il en aura toujours celles qui nous échappent et en profite pour demander pardon pour des péchés d’orgueil. Jésus donne douche froide à Jean pour ses prétentions qui risquent d’éclipser même la place du Maître : « nous avons voulu l’en empêcher parce qu’il n’est pas de ceux qui nous suivent ».

La 1ère communauté des fidèles a dû affronter ce problème, si vraiment (suite…)

« Tu es le Christ ». Et nous sommes tes disciples. Aide-nous à être cohérent(e)s avec notre identité et te suivre où tu veux nous conduire.

La question que Jésus pose à ses disciples constitue le noyau central des Evangiles et l’interrogation des hommes et femmes de tous les temps. Hérode se posait la même question: « Qui est celui-ci? » (Lc9,9). Les disciples lui rapportent ce que pensent l’opinion publique à son sujet, et d’une manière unanime, celle-ci lui reconnait un caractère particulier : un homme de bien, un homme de Dieu, un prophète. Pourtant? Ces réponses manquent quelque chose d’essentiel : elles évoquent toutes des choses du passé, un passé merveilleux. Elles sont incapables de s’ouvrir au futur, à la nouveauté, elles ne rendent pas capables « d’élever les cœurs » et de « les tourner vers le Seigneur », comme nous le répétons à chaque célébration eucharistique qui actualise pour nous le mystère de notre rédemption. Que de fois nous sommes restés prisonniers du passé! Quand les choses allaient encore bien! S’est-elle éteinte d’âge en âge, la Parole? L’amour du Seigneur pour nous, a-t-il donc disparu? Ainsi s’interroge le psalmiste.

Césarée de Philippe.

Après l’épisode de Tyr et Sidon, avec les douze, Jésus s’est retiré dans la région de «Césarée-de-Philippe », ville construite par le tétrarque Hérode-Philippe près des sources du Jourdain, et ainsi dénommée en l’honneur de l’empereur Auguste. Jésus a-t-il voulu susciter la reconnaissance de son identité messianique sur l’horizon de cette cité élevée à la gloire des grands de ce monde, afin de suggérer l’antagonisme irréconciliable entre le Royaume de son Père et les Empires d’ici-bas ? Ou bien a-t-il choisi ce lieu paradisiaque où l’eau coule en abondance et où la végétation est luxuriante, pour signifier que l’accueil de la révélation donne accès à la nouvelle création ? Peut-être faut-il conjuguer les deux interprétations : Jésus pourrait en effet suggérer par ce choix géographique, que l’on n’accède au nouvel Eden qu’en renonçant aux fastes d’ici-bas ?

Césarée était dite « de Philippe » : ce prince avait entrepris de reconstruire la ville

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Ils seront tous instruits par Dieu. Ils viendront vers celui qui est le pain de la vie éternelle et qui nous fortifie dans les épreuves de notre cheminement.

La première lecture nous situe à un moment clef de la geste d’Elie. Le coup d’éclat du Mont Carmel a plutôt un goût amer. Après que le roi Achab a relaté à Jézabel comment Elie a passé au fil de l’épée tous les prophètes de Baal, celle-ci se promet de les venger. Elie a peur et entame un exode qui à travers le désert le va le conduire jusqu’à la montagne de Dieu, l’Horeb. Elie en vient même à douter de l’efficacité de sa mission de prophète : «C’en est assez maintenant, Seigneur ; prends ma vie car je ne suis pas meilleur que mes pères… » (1Rois19, 4). Tout cela, malgré les signes qu’il a accomplis par la main du Seigneur, devant tous les faux prophètes de Baal.

Une première leçon: notre bon/beau pas ne nous exempte pas de glisser après. Il n’est même pas la garantie d’une vie sereine. D’aucuns arrivent à se demander ce qu’ils auraient fait de mal pour mériter certains événements malheureux de leur vie. Il faut toujours être vigilant. Arrivé finalement à l’Horeb, il se réfugie dans la caverne de ses peurs face à l’ouragan, au tremblement de terre et au feu qui successivement se manifestent devant lui.

Au départ, Elie était parti « pour sauver sa vie ». Sa vie sera sauvée mais par Dieu qui se révèlera à lui dans « le murmure d’une brise légère. Il est dit que « dès qu’il l’entendit, Elie se voila le visage avec son manteau » comme autrefois Moïse au même mont Horeb. Contrairement à ce qui se passa au mont Carmel, Dieu n’est pas dans le feu. Ce n’est pas une manifestation toute-puissante du Seigneur, que l’on pourrait presque croire obtenue par le prophète lui-même, par le miracle du feu de Dieu qui descend sur les offrandes, qui est à la base de l’adhésion de foi. Non, il s’agit d’une manifestation simple et discrète d’un Dieu qui vient rejoindre un homme démuni, pauvre et fragile bien loin de celui qui paraissait aussi sûr de lui sur le Mont Carmel. Elie découvre que la puissance de Dieu n’est pas celle qu’il croyait. Dieu ne lui apparaît plus à travers les coups de tonnerres et les éclairs comme il le fit avec Moïse. «Ubu ntúkidutēra ubwôba nkó ku musózi wa Sínǎyi, hamwé imirávyo n’ínkúba vyǎsirana… », dit un ancien chant de communion en Kirundi. Le prophète Elie, parce qu’il a reconnu sa fragilité, parce qu’il a fait l’expérience de son besoin d’être sauvé, il est maintenant fort dans la foi et il peut reprendre sa mission au service du Seigneur.

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