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Abbé Lambert RIYAZIMANA

Du pur et de l’impur: le chrétien nourrit son intériorité en Jésus-Christ pour l’extérioriser dans sa vie.

HomélieLa contraposition entre l’obéissance et la liberté est typique d’une phase spécifique de la croissance : l’adolescence. Dans l’Evangile, l’attitude que Jésus nous présente est un exemple d’un christianisme adulte. Si d’une part, Jésus dénonce avec force ceux qui voudraient instrumentaliser la loi pour en faire un instrument d’oppression de l’homme, de l’autre, il nous met en garde : tout ce qui nous vient de l’intérieur n’est pas forcément positif. C’est pourquoi Jésus déplace l’attention vers notre monde intérieur qui est fait d’intentions, de motions et d’émotions.

Dans notre langage quotidien, nous nous rendons compte de la présence de beaucoup de lieux communs ( topoi en grec). Par exemple, on entend des personnes dire que nous ne sommes plus au Moyen-Age (pour dire qu’il était un temps obscur…) en oubliant que par exemple, les universités sont nées en ce temps-là ! Pour l’Evangile de ce jour, on risque d’être superficiel et succomber au même préjugé. Un de ces lieux communs est la description caricaturale qu’on se fait du judaïsme aux temps de Jésus. On est porté à penser que les contemporains de Jésus vivaient une religiosité excessive et formelle, extérieure et hypocrite, donc pharisaïque. Et on pense alors que le christianisme (doctrine fondée en Jésus-Christ) est une religion d’intériorité. Allons-y doucement !

Dans les faits, l’hébraïsme était et est une religion de l’intériorité comme le christianisme. Ce dont Marc parle aujourd’hui se réfère à une pratique minoritaire qui étendait au quotidien les ablutions sacerdotales. Par contre, (suite…)

IDOMINIKA YA 22 YO MU MWAKA (Umwâka B)

IGISOMWA CA MBERE

Ivyo dusoma mu gitabu c’Ukwibutsa Amategeko (4, 1-2. 6-8)

Nimuzigame amahwirizwa y’Umukama

Muri irya minsi,
Musa yabariye ishengero ry’Abanyisrayeli ati : « None rero, yemwe Banyisrayeli, nimwumvirize amabwirizwa n’amateka ngira mbashikirize, muheze muyazigame ; niho muzobaho mukinjira mu gihugu Umukama Imana ya ba sogokuruza yabahaye, kikabegukira. Ntihagire ico mwongera canke musobanura mu vyo mbategetse ; amabwirizwa y’Umukama Imana yanyu araba ari yo masa mukurikiza nk’uko ndabibategetse. Ni uko rero, muze muyazigame, muyarangure, azobaronkera ubwitonzi n’ubwenge imbere y’ayandi makungu. Umusi bumvise ayo mabwirizwa yose, bazotangara bati : ‘Ni ukuri nta kindi gihugu gitunze abitonzi n’incabwenge nk’iki !’ Mbega, hari igihugu gifise imana iri hafi yaco nk’uko Umukama Imana yacu aba hafi yacu, iyo tumwambaje ? Canke, hari igibugu gifise amabwirizwa n’amateka atunganye nk’aya mbashikirije uyu musi ?»

IZABURI 14 (15) 2-3a, 3cd-4ab, 5
Icit. : Ni nde, Mukama, azokwinjira mu ngoro yawe ?

Hazoshika umweranda yigenza neza,
akora ibituuganye, (suite…)

Seigneur, à qui irions-nous? Nous voulons Te servir, Toi dont les paroles sont esprit et vie.

 Dimanche passé, nous concluions notre méditation en reprenant les paroles de Saint Paul disant que les temps sont mauvais, pour souligner combien il est urgent de choisir à quel bord nous tenir: avec ou sans le Christ. A l’assemblée de Sichem, Josué plaça les tribus d’Israel devant l’alternative suivante: ou honorer les idoles, ou adorer le Dieu de l’Alliance. L’Evangile de Jean nous met devant une situation pareillement décisive. En effet, la déclaration de Jésus à propos de sa chair et son sang a fait scandale parmi ses auditeurs et certains commencent à reculer. Nous avons médité déjà combien la proximité de Dieu en Jésus, cette personne grandi au sein de leur communauté, était choquante. Mais vivre en chrétien, c’est de choisir chaque jour d’accueillir les paroles de Jésus et en même temps renoncer à d’autres voies qui peuvent s’offrir à nous sans qu’elles soient « esprit et vie ». Acceptons-nous le réalisme de l’Incarnation ou bien, préférons-nous dissoudre notre identité dans l’anonymat, dans un vague syncrétisme moralisant? Les temps sont durs. Il faut se ranger!

Avoir la foi en Jésus-Christ signifie faire un choix, ou mieux, faire un saut qui n’est pas des plus faciles. Pour ceux qui font ce choix/saut, les diverses interventions de Dieu dans l’histoire deviennent compréhensibles et pleins de sens et la radicalité du message évangélique, loin d’éloigner, remplit d’espérance et soutient la vie quotidienne. Au cas contraire, le message chrétien devient insupportable. A la fin de ce parcours du chapitre 6 de saint Jean (qui s’insère dans la lecture dominicale continue de l’Evangile de Saint Marc) que nous avons commencé il ya 5 semaines, nous sommes comme devant un « échec de Jésus », puisqu’il ne veut pas faire des prosélytes à tout prix. Il veut plutôt accomplir la volonté du Père, sans demi-mesure ; c’est cette décision que prennent les fils d’Israël, avec Josué : ils ne veulent pas le 50-50, mais servir pleinement le Seigneur.

Abandonné par les foules, Jésus pose aux apôtres la question centrale. En effet, le chapitre 6 de Saint Jean met au centre ma question de la divinité de Jésus, et par conséquent, la demande de croire en lui. Voulez-vous vous en aller, vous aussi ? Comme je le disais, il s’agit d’une décision qui est en quelque sorte un saut, puisqu’elle n’est pas sans risque : de celle-ci dépend le reste de la vie. L’adhésion de la foi est une décision raisonnable : quant à nous, nous croyons et nous savons que tu es le saint de Dieu. Mais elle n’est pas seulement une déduction logique. Bien qu’il y ait cette dimension intellectuelle, la foi comporte une dimension affective et une dimension existentielle de recherche du sens de vie et d’espérance. Il s’agit aussi d’un choix dicté par la foi : tu es le Saint de Dieu. Ces mêmes dimensions se retrouvent exprimées par le verbe SERVIR de la réponse de la communauté d’Israël : ce verbe permet de lier la pensée, l’amour et l’agir. Nous avons de plus en plus besoin de repenser ce lien en nos jours où les chrétiens doivent donner profondeur à l’action et concrétude à la pensée dans un contexte qui oscille entre des dévotions souvent privées de contenus et l’érudition pauvre d’assise évangélique. C’est ici l’origine de la crise : un spiritualisme sans vrai contenu (Jésus est Dieu ? C’est trop !) et un activisme sans base en Dieu (je vais faire le bien, pas besoin d’aller prier, même ceux qui y vont ne sont pas si meilleurs que les autres !).

Cette crise entre Jésus et ses disciples, les évangiles synoptiques la situent au cœur de la confession de Pierre à Césarée où Jésus interroge : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous qui suis-je ? » (Cf. Mc 8, 27-33 ; Mt 16, 13-22 ; Lc 9, 18-22). Cela nous aide à comprendre que l’enjeu du passage de saint Jean que nous lisons ce dimanche n’est pas tant ce que dit Jésus mais ce qu’il est pour ses disciples, pour chacun de nous… Car ce qui a choqué la plupart des disciples ce n’est pas que Jésus prétende donner sa chair à manger, au sens propre du terme. Ce qui les a heurtés c’est qu’il prétende être d’origine divine et se présente comme le don ultime et définitif de Dieu. Jésus a d’ailleurs bien compris que c’est ici que le bât blesse. Voilà pourquoi il insiste sur sa divinité en se révélant comme celui qui vient accomplir la prophétie du Fils de l’Homme du prophète Daniel (Cf. Dn 3, 14) : « Cela vous heurte ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant ?… C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie » (versets 61-63). Jésus pointe bien le lieu de vérité de notre foi dans notre manière de nous situer par rapport au mystère de sa personne.

Comme les disciples, nous sommes, nous aussi, invités à nous positionner. Jésus est-il pour nous le Fils de Dieu ou bien un prédicateur comme tant d’autres ? Est-ce que nous le considérons comme étant le seul capable de répondre à notre soif de bonheur parce que nous reconnaissons en lui la Parole divine de vie éternelle ? Au fond, être chrétien, n’est-ce pas se remettre chaque jour face à ces questions pour confesser à la suite de saint Pierre : « A qui irions-nous Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle ! » C’est ce même choix que font les fils d’Israël. Ils peuvent alors goûter comme est bon le Seigneur (psaume responsorial). Le texte de la première lecture semble nous dire que ce qui compte le plus ce n’est pas d’avoir une terre où habiter : si ils sont arrivés dans la terre promise, tout n’est pas joué, toutes les garanties ne sont pas aux fixes. Il faut maintenant décider quel Dieu suivre et servir.

Comme le peuple d’Israël, ce jour-là à Sichem, puissions-nous répondre de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre force : « Nous aussi, nous voulons servir le Seigneur, car c’est lui notre Dieu ». Mais comment ne pas être pris de vertige devant un tel choix, si nous sommes conscients de nos limites et nos chutes répétitives ? Comment ne pas douter de notre capacité à tenir un tel engagement ! Comment ne pas remettre sans cesse à demain une telle décision ! C’est ici qu’il faut détourner notre regard de nous-mêmes pour le tourner vers le Seigneur. De même qu’il nous aimé le premier, il s’est engagé le premier en notre faveur et c’est dans son propre engagement à notre égard que nous trouverons la force de tenir le nôtre. Il y a même bien plus : notre Dieu nous dit que même s’il nous arrivait de nous montrer infidèles, lui resterait fidèle car il ne pourrait se renier lui-même (Cf. 2 Tm 2, 13). Dès lors comment aurions-nous peur ? C’est ici alors que nous pouvons sauter, dans l’inconnu, comme d’un enfant qui saute devant son père sûr qu’il va l’attraper au vol.

Comme les contemporains de Josué et de Jésus, nous voici Seigneur à la croisée des chemins. Jour après jour, il nous faut choisir: ou te faire confiance, à Toi Dieu vivant et Vrai et à ton Fils, fait homme; ou servir les idoles faites de mains d’hommes. Eclaire-nous, Seigneur, par ton Esprit qui, seul, donne la vie. Nous avons entendu et nous croyons que nul ne peut suivre Jésus si Toi, Père, tu ne l’attires.

Sinogenda ntashimye

Ndarengutse, ntuma

UMVIRIZA. RIRIMBA

Prier l’Office divin

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