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« Tu aimeras », nous dit Jésus. Mais c’est sans limites, car on n’a jamais fini d’aimer ! Heureusement !

HomélieComme le rappelle la première lecture, la Bible ne cesse d’engager le peuple élu à accueillir l’immigré, à prendre soin de la veuve, de l’orphelin et du pauvre, à refuser l’usure et la confiscation des biens d’autrui. Aujourd’hui, nous dirions que ces lectures nous appellent à être plus catholiques que nous ne le sommes en pratique, en sortant de nos étroitesses de vue et de visions qui catégorisent les gens, au lieu de voir en tout homme/toute femme un fils de Dieu sont nous nous réclamons fils/filles en l’appelant Père. Dans l’évangile de Matthieu, Jésus rattache tous ces préceptes à l’amour de Dieu et du prochain. Non seulement le second commandement est semblable au premier ; il en est inséparable. Notre monde serait-il ce qu’il est avec ses inégalités et ses exclusions, si les disciples de Jésus mettaient le double commandement de l’amour au premier plan de leurs préoccupations ? En particulier, l’humanité déborde aujourd’hui de migrants de toutes sortes : travailleurs émigrés, réfugiés politiques, personnes déplacées ou laissées-pour-compte. Savons-nous seulement les voir ? Et comment les regardons-nous ?

Ce texte du droit coutumier israélite remonte au tout premier temps de l’installation des tribus hébraïques en Palestine, peu après l’exode. Dieu s’y montre le défenseur des pauvres, des opprimés, des gens sans défense dans la société : l’étranger immigré qui n’a pas tous les droits sociaux de l’israélite, la veuve et l’orphelin qui demeurent sans protecteur, le pauvre réduit à emprunter sur gages. Les motivations données (suite…)

Etre chrétien (et catholique surtout), c’est reconnaitre que la miséricorde de Dieu n’exclut personne a priori.

IMG_8098Dans la vie, il y a (eu) toujours quelqu’un ou quelque groupe social, religieux… qui se croit être supérieur aux autres, et d’avoir plus de droits. Ceci arrive non seulement pour les affaires temporels, mais aussi pour des questions spirituels. Dieu est miséricordieux envers moi, envers nous, mais il doit être juste, justicier envers les autres, les méchants, nos ennemis,…. L’Eglise a eu cette mission de porter la Bonne Nouvelle à tous puisqu’elle confesse un Dieu Père de tous, et par conséquent, tous deviennent frères/sœurs en Lui.

En ce 20ème dimanche du temps ordinaire, la succession chronologique des trois lectures est pleine d’enseignements qui nous demandent de revoir notre façon de considérer les personnes qui ne sont pas de nos cercles, de nos milieux. L’oracle prophétique qui nous est d’abord rappelé devrait irriter, sinon choquer les Juifs après l’exil. Voilà un peuple (suite…)

Vie de l’Eglise Catholique en ces jours.

Quand le Pape renonce à sa charge…
Par Lambert RIYAZIMANA
Depuis l’annonce de la démission du Pape Benoît XVI comme Evêque de Rome et Pape de l’Eglise Catholique, on a entendu, vu et lu beaucoup de choses dans les médias du monde entier, certains ne faisant que relayer l’information émise par les grands leaders mondiaux d’information. Je me souviens ici à Rome quand nous sommes « tous » accourus au site de l’Ansa (www.ansa.it), agence italienne qui diffusa la première l’information. Je n’en croyais pas à mes yeux bien que j’habite à moins d’un kilomètre de la Place Saint Pierre (Rome).

La vieille règle de la chronique disant que « pour une information, les premières 24 heures qui suivent le fait sont essentielles pendant que le reste nourrit la confusion » (à quelques exceptions près bien sûr !), peut-on comprendre quelque chose ? Je pense offrir ces quelques trois points (pour ne parler que de ceux-là) pour aider à comprendre ce qu’est en train de vivre l’Eglise Catholique, surtout du point de vue médiatique. Mais alors, le Pape serait-il démissionnaire parce qu’incapable de gérer les problèmes de gouvernement de l’Eglise dont il n’est pas réussi à faire la « purification » ? S’est-il lassé des problèmes de pédophilie, de la fuite des documents confidentiels, ce qui connote selon certains, un manque de confiance de la part des proches collaborateurs qui l’auraient « isolé»? Face à tout ce qui se trame ici où là, quels seraient les vrais défis de l’Eglise, lesquels défis tracent le profil du prochain successeur de Benoît XVI ?

Un Pape incapable de gouverner et changer les choses ?

Devant ce domaine qui a retenu beaucoup d’auteurs d’articles dans les journaux du monde, je trouve cela à la fois fondé et non. Cela paraît ridicule ? Oui ! Au moment où pour beaucoup de personnes (et non seulement les journalistes), le conflit nourrit les discussions plus que ne le font les belles choses de la vie normale, y compris les actes normaux de gouvernement, il est resté à la connaissance de beaucoup que l’Eglise Catholique a été marquée par beaucoup de problèmes en ces jours. Nous pouvons rappeler les durs coups que cette institution a subi (et subit encore) à cause des abus sexuels commis par certains membres du clergé, le discours de Ratisbonne qui enflamma les débats sur la tolérance religieuse,… Pour celui qui n’a connu que cela par la simple raison que seuls ces problèmes ont été mis au premier plan par les médias, il est compréhensible qu’il réponde à la question par l’affirmative. Est-ce vraiment cela qui aurait motivé la démission, parce que la Pape se sent incapable d’affronter et surmonter une telle crise ?

Pour qui le sait, au contraire, cela ne pourrait pas constituer un motif. On peut même affirmer que ça a été une bataille maîtrisée. Quand on regarde la détermination du Cardinal Ratzinger lors du vendredi saint qui précéda son élection comme Pape, les rencontres «historiques et uniques en leur genre » qu’il a tenues avec les victimes des abus sexuels de certains de ces membres du clergé, en Avril 2007 à la Nonciature de Washington, en Juin 2008 en Australie, en Avril 2010 à Malte, en Septembre 2010 en Angleterre,…, quand on regarde et qu’on pèse les mots de la lettre qu’il à envoyée aux Evêques et au peuple d’Irlande sur le même sujet, et surtout les dispositions du 15 juillet 2010 relatives aux procédures judiciaires à engager en de tels cas, dispositions complétées le 16 mai 2011 par la lettre circulaire aux épiscopats précisant les lignes directrices pour une « tolérance zéro » en cet affaire,…, on ne peut que conclure que le monde de l’information n’a pas vraiment relayé ces actes qui sont significatifs pour l’histoire de l’Eglise et du monde. Je pense à un certain déséquilibre de l’information : tout n’a pas été pris en compte, comme d’ailleurs il en est la cas pour d’autres institutions dont on ne rapporte souvent que des conflits.

Des autres actes de gouvernement, on peut signaler par exemple le fait notable environs 77 Evêques ont été poussés à démissionner parce qu’ils ont été jugés comme incapables de gérer la vie de l’Eglise, que ce soit dans le domaine susmentionné (abus sexuels ou concubinage (ex République Centrafricaine), comme dans d’autres domaines comme la doctrine, de l’administration du patrimoine de l’Eglise (Burkina Faso, Congo, Italie) pour ne pas allonger la liste. Tous ces faits ont été repris par les médias des territoires qui y étaient directement intéressés ou par les visiteurs du site officiel du Vatican (www.vatican.va).

Crise de confiance dans « Vatileaks » : la fuite des documents confidentiels.

Una chose sûre est celle-ci : chaque fois que des documents confidentiels filtrent et se retrouvent dans la presse, il y a une crise de confiance, et cela au moins à deux niveaux : le niveau institutionnel pour ceux qui n’ont pas fait preuve de déontologie professionnelle exigeant de faire la part des choses, ou bien au niveau des prétendants professionnels qui vont jusqu’à utiliser des moyens illicites pour avoir la matière (que je n’ose pas appeler « information »). Nous savons que c’est une affaire qui n’est pas encore conclue. Qu’en est-il au juste ? En lisant le livre de Gianluigi Nuzzi, Sa Sainteté. Scandale au Vatican : les documents secrets de Benoît XVI (2012), on se rend compte combien les conclusions sur l’isolement du Pape au sein de la Curie sont forcées. En effet, quand on rapporte que deux Cardinaux ou même plus ne voient pas de la même manière des actions à entreprendre pour un dossier comme celui évoqué concernant le courant « communion et libération », quand deux directeurs de journaux, (ici Vian et Dino Boffo, respectivement directeurs de Osservatore Romano et la TV satellitaire de la Conférence des Evêques) se critiquent,… et que tout cela se retrouve sur la table du bureau du Pape, la conclusion à en tirer est que le Pape ne sait plus gérer, et par dessus le marché, qu’il est désormais isolé ? Je ne partage pas cet avis. Cela dénote seulement une situation problématique qui peut trouver tôt ou tard une solution. Le problème, le vrai, aura donc été que la correspondance ait filtré et cela devait faire parler de soi, mais pas que le gouvernement est devenu impossible. Oui, il y a eu une trahison et c’est déplorable. Impossibilité de maîtrise : non a priori. Je trouve par contre que le Pape était bien informé et intégré dans les affaires de la Curie Romaine, par le fait que les intéressés s’adressent confidentiellement à Lui.

Quelles implications de cette démission sur les futurs défis de l’Eglise ?

Tout d’abord, l’opinion en général ne sait pas qui est le Pape, comment fonctionne la Curie Romaine et les institutions de l’Eglise qui, souvent n’est perçue que sous sa dimension humaine. Le journaliste écrivain français vient de le publier quand il constate qu’un certain nombre (important) de journalistes ne savent pas distinguer le Conclave du Consistoire, le Concile du Synode des Evêques, etc. (Cfr Bernard Lecomte, Pourquoi le pape a mauvais presse, Paris, Ed. Desclée de Brouwer, 2009, http://fr.radiovaticana.va/articolo.asp?c=666495). Cela transparaît déjà quand on compare le Pape qui est Vicaire du Christ (et le Christ, Vrai Chef de l’Eglise, ne peut pas démissionner !) aux autres Chefs des Etats. Si tous pouvaient venir voir cette image antique sur un des murs de la Basilique de Saint Pierre à Rome et voir ce tableau où le Christ lui-même appelle son vicaire, Saint Pierre, à descendre de la barque ! On peut donc descendre de la barque (symbole de l’Eglise) si le Christ le demande. Le Pape a démissionné après avoir maintes fois « examiné sa conscience devant Dieu… », lisons-nous dans le texte qu’il a lu lors de l’annonce de sa démission.

Enfin, s’il faut parler des futurs défis de l’Eglise, ce n’est pas vrai de comparer cela à la succession des gouvernements qui présentent des programmes à accomplir pour un certain mandat. La priorité a été et restera toujours l’annonce de l’Evangile. Vous me direz peut-être que je suis trop superficiel, non concret. Le cardinal Ratzinger, d’abord théologien et ensuite Pape, n’a fait que jeter des lumières dans cette optique : ses livres ont été comme un ABC de l’identité chrétienne. Mentionnons en passant ses trois derniers tomes sur Jésus de Nazareth en réponse au relativisme qui met tout au même niveau ? C’est dans cette pleine conscience de sa propre identité (ici, celle chrétienne) qu’on peut vivre avec les autres, entretenir de vraies relations avec les autres religions et les autres formes de pensées. J’entends par ici le grand monde de la Chine, les courants qui « se réclament de l’Islam » pour perpétrer la violence. C’est aussi sous cet angle que, pour parler de mon pays, l’Eglise peut poser des actes « même politiques » sans semer la confusion quand elle doit suppléer là où manque les compétences et/ou la confiance pour des actes qui, normalement, ne sont pas permis à la hiérarchie.

Le Pape démissionnaire n’a pas donc exécuté son propre programme au cours de son pontificat, il s’est inséré dans une longue tradition au service de laquelle se mettra aussi son successeur. Ce n’est donc pas du ressort des médias, ni de quiconque, de tracer les objectifs et les défis de l’Eglise : souvent, nous sommes braves quand il faut fixer les devoirs pour les autres, quand on ne connaît même pas bien qui ils sont.

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