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Miséreux, aveugles et pourtant, disciples. Dieu est avec nous, toujours confiant en nous.

La figure de l’aveugle de JérAbbé Lambert (OLL, Columbia)icho domine l’Evangile. A la différence de Jacques et Jean (dimanche passé : la question de Jésus est la même : que voulez-vous que je fasse pour vous ?), il ne veut pas le pouvoir, mais la pitié. A la différence du jeune homme riche (d’il y a deux semaines), rien de l’empêche de suivre Jésus, pas même son manteau qui lui servait de couverture (et d’isoloir !). Il jette de lui-même son manteau, c’est-à-dire tout ce qu’il a. Il renonce ainsi à ce qui faisait son identité. Il abandonne sa carapace, ses protections, ce qui l’abritait du froid de la nuit et du regard des hommes. Il se montre vulnérable et, lui qui est aveugle, il marche vers Jésus avec assurance. A la différence de ceux qui se scandalisent de la passion de Jésus (Pierre et ses amis), lui, il est prêt à suivre Jésus sur son chemin vers Jérusalem. Il veut être totalement libre. Pour entrer dans Jérusalem, Jésus part de Jéricho, dernière ville conquise par Josué pour rejoindre la terre promise, la terre de la liberté et de la libération des fils d’Israël. C’est dans cette terre (suite…)

Saint Lambert de Maastricht: humble, visage lumineux, au service du Christ.

Saint Lambert

Saint Lambert

Saint Lambert (Landbertus = Lambertus ce qui signifierait: belle terre)  qui vécut vers 636 – env.705 est né d’une famille noble à Maastricht.
Quand son père spirituel évêque Théodard fut tué en 671, saint Lambert a été élu évêque de Maastricht, malgré sa jeunesse. Il était aimé de son troupeau pour sa sainteté, ses exploits ascétiques et sa générosité dans l’aumône, mais il fut chassé de son siège en 675 après que son protecteur le roi Childéric II ait été assassiné.

Il se retira au monastère de Stavelot, où il a vécu pendant sept ans comme l’un des frères, ne revendiquant pas de privilèges en dépit de son rang épiscopal. Un jour, se levant pour prier pendant la nuit, il troubla accidentellement le silence monastique. L’Abbé (Supérieur du Monastère) enjoignit à celui qui était responsable de faire pénitence en se tenant debout pieds nus dans la neige devant une Croix à l’extérieur de l’église du monastère. Dans la matinée, l’Abbé  fut consterné de voir l’évêque, debout, pieds nus, couvert de neige, devant la Croix, son visage lumineux. Il chercha à présenter des excuses, mais Lambert répondit qu’il était honoré de » servir Dieu comme les Apôtres, dans le froid et la nudité ».

Cathédrale Notre Dame & Saint Lambert de Liège

Cathédrale Notre Dame & Saint Lambert de Liège

Quand le roi Pépin de Herstal prit le pouvoir en 681, il rétablit Lambert sur son siège, malgré la volonté du saint de demeurer dans l’obscurité. Le saint évêque renouvela ses travaux pastoraux avec vigueur, visitant les paroisses les plus éloignées et prêchant l’Evangile aux païens qui habitaient encore la région, en dépit des risques et des menaces.
Mais quand le roi Pépin répudia sa femme et la remplaça par sa Alpaïs, saint Lambert fut le seul évêque qui osa lui faire des reproches. Pour cela, il s’attira les foudres d’Alpaïs, qui ordonna sa mort. Ses assassins firent leur œuvre de mal, même s’ils trouvèrent une croix brillant au-dessus de l’humble demeure où il séjournait.
Saint-Lambert est l’un des saints les plus aimés de Belgique, où de nombreuses églises paroissiales lui sont dédiées.

Son jour de fête dans le calendrier Église Catholique Romaine est le 17 Septembre. Le Lambertusfest à Münster a longtemps été une période fériée populaire, célébrée pendant deux semaines et aboutissant à la veille du 17 Septembre. Les enfants construisent des « pyramides de Lambertus » faites branches, décorées avec des lanternes et des lampes autour duquel ils dansent et chantent des chansons traditionnelles (connues sous le nom Lambertussingen ou Käskenspiel).

English version.

Heilige LambertusSaint Lambert, Bishop of Maastricht (705) was born to a noble family in Maastricht. When his spiritual father Bishop Theodard was killed in 671, St Lambert was elected Bishop of Maastricht despite his youth. He was loved by his flock for his holiness, ascetic labors and almsgiving, but was driven from his see in 675 after his patron King Childeric II was assasinated.

He withdrew to the Monastery of Stavelot where he lived for seven years as one of the brethren, claiming no privileges despite his office. Once, getting up to pray during the night, he accidentally disturbed the monastic silence. The Abbot called out for whoever was responsible to do penance by standing barefoot in the snow before a cross outside the monastery church. In the morning the Abbot was dismayed to see the Bishop standing barefoot, covered with snow, before the cross, his face shining. The Abbot sought to apologize, but Lambert replied that he was honored to serve God like the Apostles, in cold and nakedness.

When King Pepin of Heristal took power in 681, he restored Lambert to his see, despite the Saint’s desire to remain in obscurity. The holy bishop renewed his pastoral labors with vigor, visiting the most distant parishes and preaching the Gospel to the pagans who still inhabited the area, despite danger and threats. But when King Pepin put away his wife and replaced her with his concubine Alpais, St Lambert was the only Bishop who dared to rebuke him. For this he incurred the wrath of Alpais, who ordered his death. His assassins carried out their evil commission, even though they found a cross shining above the humble dwelling where he was staying.
Saint Lambert is one of the best-loved Saints of the Netherlands and Belgium, where many parish churches are dedicated to him. His relics are now in the Belgian city of Liège.

His feast day in the Roman Catholic Church calendar is 17 September. The Lambertusfest in Münster has long been a folk holiday, celebrated for two weeks culminating on the eve of 17 September. Children build « Lambertus pyramids » of branches, decorated with lanterns and lamps around which they dance and sing traditional songs (known as Lambertussingen or Käskenspiel).

«Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi».

La première lecture de saint Pierre qui nous a accompagnés durant les quatre premiers dimanches de ce temps pascal nous offre aujourd’hui une interprétation christologique du verset 22 du Psaume 118 : « La pierre éliminée par les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle ; voici l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux.» L’apôtre précise que pour le croyant, il s’agit d’une pierre précieuse, «choisie et de grande valeur » et que pour l’incroyant, elle se révèle pierre d’achoppement, «une pierre sur laquelle on bute, un rocher qui fait tomber». En écrivant aux chrétiens, leur disant qu’ils sont le « sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles », il définit la condition sacerdotale du baptisé. Pour cela, le chrétien n’a pas besoin de prêtre pour présenter à Dieu l’offrande de sa vie de charité et de son engagement pour un monde plus juste et viable, il n’ pas non plus besoin de prêtre pour annoncer aux autres les merveilles de l’amour de Dieu. Les prêtres de Jésus reçoivent la charge de veiller pastoralement sur ce sacerdoce du peuple de Dieu, de le nourrir par la Parole, les sacrements et le témoignage de vie pour qu’il ne se dévitalise pas.

La mise en rapport du Christ pierre d’angle avec la foi ou la non-foi en lui nous renvoie à l’évangile de ce jour où Jésus exhorte ses disciples par ces mots : «Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi». Le Christ ressuscité est pour les croyants ce roc sur lequel ils peuvent s’appuyer dans les moments de doutes, d’épreuves. Effectivement, l’épisode que nous avons lu se situe dans un temps qui devrait soulever des bouleversements et, tenez, qui sont toujours d’actualité : Jésus vient d’annoncer la nouvelle choc de la trahison de Juda (Jn 13, 21-30). Qui ne peut pas trahir Jésus ? Qui n’a jamais trahi ses engagements baptismaux ? EN peu de mots, qui ne succombe jamais aux tentations jusqu’à tomber ? Puis, Jésus ose prédire à Pierre qu’il le reniera TROIS FOIS pendant la nuit qui commençait ce soir-là de la dernière cène (Jn 13,37-38). Le comble, bien qu’ils soient déboussolés, Jésus annonce qu’il s’en va et qu’ils ne peuvent pas le suivre pour le moment (Jn 13,31-36) : rappelons-nous qu’ils ont été témoins des conflits entre leur Maître et les chefs religieux et politiques. Les disciples sont incertains du futur qui les attend. On comprend donc la peur et l’anxiété des disciples. C’est notre vie ! Nous vivons pratiquement un temps où la peur de lendemain se lit sur des visages. Dans notre vie, des peurs nous tenaillent : un avenir sans sûreté, nos faiblesses et nos trahisons répétitives, les faiblesses corporelles et morales. Dans un contexte comme celui-ci, Jésus nous dit : «Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi».

Par son incorporation au Christ le jour de son baptême, le chrétien devient une « pierre vivante » au service de la construction de l’édifice spirituel qu’est l’Eglise le Corps du Christ. Tout au long de son existence, il est amené à concrétiser cela par l’offrande de tout ce qu’il vit, particulièrement des moments douloureux et pénibles. C’est là qu’il est exerce son sacerdoce baptismal enraciné dans une foi vivante reposant sur le Christ mort et ressuscité, victorieux du mal et du péché. C’est sans aucun doute dans les moments difficiles de sa vie où la croix se fait présente, que le croyant pourra découvrir de façon privilégiée qu’il est appelé à prendre part d’une certaine manière au mystère pascal du Christ. 
Voyez que c’est en ce moment où Jésus est conscient de la tragédie qui l’attend qu’il se met à rassurer ses amis (que nous sommes nous aussi) ! Pourquoi as-tu peur de ce qui pourrait t’arriver ? Contrôle ton degré de confiance en Jésus ! Retrouve les mots chers à notre Pape François : ne nous laissons pas dérober l’espérance ! Faisons nôtre cette belle phrase que nous répétons comme un refrain.

«Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi».

Dans notre passage évangélique, le Christ, pierre angulaire, se présente aussi comme le Chemin, la Vérité et la Vie : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi ». Il est celui qui nous précède pour nous préparer une place dans la demeure éternelle. Il est le Chemin qui nous conduit vers le Père. Il désire que chacun de nous puisse parvenir à la maison du Père, que chacun de nous le retrouve là où il nous précède pour faire partie de la famille de Dieu. 
La foi en Christ mort et ressuscité est Vie en tant qu’elle nous révèle la Vérité de l’Amour du Père pour le Fils et en lui pour chacun de nous et en tant qu’elle est Chemin d’accès à cet Amour inépuisable. Nous ne pourrons être des pierres vivantes de l’Eglise que si notre être de chrétien puise à cette source intarissable de l’Amour du Père à travers notre foi en Christ mort et ressuscité.

Dès lors, nous comprenons combien est capital pour nous l’acte de foi en Christ mort et ressuscité. Il se présente comme le Chemin, la Vie, la Vérité. Ce chemin, c’est désormais une personne, ce qui est le spécifique de la foi chrétienne qui n’est pas un ensemble de vérités, mais surtout une rencontre avec un personne, un Dieu personnel. Cet homme, il appelle ses compagnons à le suivre, sans une autre condition préalable que la conversion du cœur. Une telle conversion nous demande d’enlever toutes les barrières entre les hommes qui sont tous frères. Si la 2ème lecture parle de l’ouverture de l’Eglise primitive aux personnes d’autres mentalités, langues et culture, nous ne pouvons que saisir au bond cette invitation. L’unité n’est pas la conformité, et elle ne doit pas porter préjudice à la diversité légitime des chrétiens. Combien de fois nous entendons dire : celui-là ne me plait pas parce qu’il parle, s’habille, marche,… et beaucoup d’autres petites choses encore ? Quelles sont les petites choses qui me repoussent chez mes proches ? Si tout ce que nous vivons, dans notre prière, dans nos joies, nos peines, nos incertitudes et craintes, notre engagement au service de tous, repose sur lui et à travers lui s’enracine dans l’Amour du Père, alors toute notre existence portera un fruit de vie éternelle. Nous participerons alors réellement à la construction du Corps du Christ qui est l’Eglise.

 La foi en Christ mort et ressuscité est la source de la fécondité de tout apostolat.

Dans l’évangile, Jésus nous exhorte : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes, puisque je pars vers le Père ». De même que les œuvres et les paroles de Jésus sont œuvres et paroles du Père, le croyant accomplira les mêmes œuvres que Jésus voire même de plus grandes encore. Il ne s’agit pas ici d’opérer des miracles encore plus prodigieux que ceux de Jésus. Non, Jésus veut dire que celui qui met sa foi en lui pourra mener à leur accomplissement les signes qu’il a annoncés dans l’évangile : « donner la vie aux croyants » (Jn 17, 2), « rassembler les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 52) et triompher du monde (Jn 16, 8-11). Voilà la mission de tout baptisé qui repose sur sa foi en Jésus, Fils du Père, mort et ressuscité. Par elle, il coopère à l’action salvifique du Fils : réconcilier les hommes avec le Père pour jouir éternellement de sa vie divine.
Et si le danger de nous attribuer ces « œuvres plus grandes » nous guettait, pour bien nous montrer qu’en tout c’est lui et en lui le Père qui demeure la source, Jésus ajoute : « puisque je pars vers le Père » et « tout ce que vous demanderez en invoquant mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils ».

« Dieu notre Père, ton Fils Jésus est a pierre vivante que les bâtisseurs ont éliminée, mais que tu as choisie et qui est devenue la pierre d’angle. Avec les pierres vivantes que nous sommes, construis Seigneur, une maison aux nombreuses demeures et qui puissent accueillir tous, leur donner place en notre vie. Donne-nous d’y accueillir tes enfants dans leur diversité et de nous engager avec eux sur le chemin de l’Evangile. Que l’Esprit Saint nous presse d’annoncer tes merveilles, toi qui nous a appelés des ténèbres à ton admirable lumière. Amen. »

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