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Les disciples ont cru par l’expérience, nous, par la parole qui se fait témoignage.

La foi est certainement un don, mais une telle affirmation ne signifie pas qu’elle est doit être reçue passivement. Le croyant est, en effet, quelqu’un qui est impliqué dans un cheminSaint Thomasement de recherche qui conduit à Dieu par l’écoute de la Parole, la prière, l’interprétation des signes, la pratique efficace des œuvres de charité envers ses frères et sœurs, ce qui devient aussi témoignage. Celui qui attend à « voir pour croire » risque de rester aveugle à jamais et donc incapable d’expérimenter les multiples œuvres de la miséricorde de Dieu déjà en acte dans notre vie, à commencer par la mort et la résurrection du Christ.

L’humanité a besoin de faire expérience de la miséricorde, et cela par notre témoignage.

Le don de l’Esprit Saint est lié à la mission confiée à l’Eglise dès les premiers moments. Ce que Jésus à commencé, les disciples doivent le perpétuer, fortifiés par l’Esprit Saint. Leur mission n’est pas à limiter à la rémission des péchés comme le ferait croire une lecture superficielle et rapide du texte (suite…)

Rencontrons le ressuscité et disons-lui: « Mane nobiscum, Domine ».

La liturgie de ce troisième dimanche de Pâques nous invite à nous mettre en route, à la suite du Christ ressuscité, et à la lumière de son Esprit. La vie s’était arrêtée, pour les disciples, au pied de la croix. Ces disciples parlent de quelqu’un comme dans un passé qui est passé : « Cet homme était… ils l’ont livré…voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé… » L’espérance est aussi morte: « …nous espérions… mais voici déjà… » : il n’y a plus rien à espérer, la mort a définitivement englouti sa victime. Ils fuient la Cité sainte par peur des responsables religieux, et s’apprêtent à reprendre « la vie sans but qu’ils menaient à la suite de leurs pères », comme nous le lisons dans la 2ème lecture. 
Les Apôtres à vrai dire n’en menaient pas plus large. Même lorsqu’ils auront enfin compris que Jésus est vivant, ressuscité, ils demeureront encore 50 jours à l’écart, évitant de se faire remarquer, enfermés eux aussi dans la peur. Ce n’est qu’au matin de Pentecôte, après avoir été « baptisés dans l’Esprit Saint » (Ac 1, 5) et avoir reçu la « force » d’en haut (Ac 1, 8) promise par le Christ, qu’ils pourront enfin s’arracher à leur inertie et témoigner ouvertement de la Résurrection du Seigneur Jésus. 
C’est en effet l’Esprit qui entraîne les Apôtres dans le sillage de leur Maître. Celui-ci leur avait « montré le chemin de la vie » (1ère lecture); l’Esprit le leur fait emprunter à sa suite. Les apôtres ne se mettent pas seulement à proclamer la victoire de la vie sur la mort, ni à enseigner une morale abstraite à suivre, parce qu’en cela ne consiste la mission de celui qui a rencontré Jésus. Il s’agit de se porter témoins, sans peur des risques (gushēta agatwé), se déclarer témoins d’un homme connu des Juifs pour avoir fait parler de lui… et affirmer qu’il est ressuscité et qu’on ne peut pas ne pas le dire.

Quant au Christ, après avoir traversé la mort qui ne pouvait le retenir en son pouvoir, il poursuit sa course victorieuse : « Elevé dans la gloire par la puissance de Dieu, il a reçu de son Père l’Esprit Saint qui était promis, et il l’a répandu » (Ibid.) comme il l’avait annoncé. 
C’est lui, l’Esprit de vérité (Jn 14, 17), qui permet aux disciples de comprendre à la lumière des Ecritures, qu’il « fallait que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ». 
C’est lui le «Défenseur » (Jn 14, 16) qui leur donne de « croire en Dieu, qui a ressuscité Jésus d’entre les morts et lui a donné la gloire » (2nd lecture). 
C’est lui qui leur « ouvre les yeux » et leur permet de regarder le Seigneur qui demeure à leurs côtés sans relâche afin qu’ils ne tombent pas » (cf. 1ère lecture). 
C’est lui le Consolateur qui embrase leur cœur à l’écoute de la Parole, les remplit d’une sainte allégresse et leur donne de proclamer : « C’est vrai ! Le Seigneur est ressuscité ».
 Il s’agit d’un événement qui fait jaillir la joie et que nous partageons à ceux qui s’en vont tristes sur leur chemin.

Si nous nous « arrêtons, tout tristes » au bord du chemin, n’est-ce pas le signe que nous ne sommes plus sous l’onction de l’Esprit, dont la mission consiste précisément à éclairer notre route et à nous communiquer la force d’y progresser dans la joie et la confiance ? 
A travers chacun de nos actes, chacune de nos décisions, nous sommes appelés à donner du sens à notre vie. Pour un croyant cela signifie : confirmer le sens chrétien que nous donnons à notre existence à partir de l’accueil de la Bonne Nouvelle de la Résurrection de Notre-Seigneur.
Mais si nous perdons de vue ce mystère de grâce qui devrait éclairer toute notre vie, quel sens lui donnerons-nous ?

Lorsque Jésus demande aux disciples d’Emmaüs de lui expliciter les événements auxquels ils font allusion, il ne fait pas semblant d’ignorer ce qui s’est passé : sa lecture et son interprétation des faits sont tout simplement totalement différentes. Les disciples ne parlent pas de la Passion telle que Jésus l’a vécue ; ou du moins, ils en font une lecture erronée, parce qu’ils n’ont pas la clé d’interprétation qui leur permettrait de comprendre les enjeux de ce qui s’est passé. Ils se sont « arrêtés, tout tristes », ne percevant pas qu’à travers la mort de leur Maître, les Écritures trouvaient enfin leur accomplissement : la vie se frayait un chemin victorieux qui déboucherait bientôt sur le triomphe du matin de Pâque.

Il faut noter une chose : le Seigneur nous rejoint partout où nous sommes, surtout dans la désolation. Emmaüs dont il est question n’est pas géographiquement localisable. Il se situerait à un rayon de 2 heures de marche à partir de Jérusalem. Mais c’est où exactement ? En plus, l’autre disciple qui était avec Cléophas n’est pas nommé. Et l’Ecriture Sainte nous laisse ainsi la place pour nous y reconnaitre: nous sommes le deuxième disciple. Qui ne s’est jamais senti dépassé par les évènements? Autrement dit, qui n’a jamais pris le chemin d’Emmaüs? Il s’agit d’Emmaüs chaque fois que nous sommes débordés par les événements, que tous nos espoirs s’effondrent…

La seconde chose qu’il faut noter : Jésus laisse ses amis vider leur sac. Lui qui connaît tout, qui a tout vécu, il écoute attentivement la lecture que lui font ses amis découragés. Combien de fois nous-mettons-nous à préparer une réponse à celui qui nous parle, avant de l’avoir écouté ? «En fait, ce que tu veux me dire, c’est… », disons-nous sans vouloir écouter ! Une récente étude américaine dit que un grand nombre des médecins interrompent les malades qui parlent dans les 30 premières secondes! Qu’en est-il de moi ? Seigneur, donne-moi un peu plus de patience !!

C’est alors après que Jésus offre une lecture des évènements à la lumière de la Parole de Dieu. Oui, la Parole de Dieu fait un tout unique. Le premier Testament illumine l’Evangile et aide notre raison à trouver le sens profond de notre cheminement. Les disciples qui avaient pourtant reconnu en Jésus un prophète, (donc leur foi n’était pas au point zéro !) cherchaient de comprendre ce qui s’était passé. Ils étaient débordés. Ils ne sont pas sur la route d’Emmaüs, ils sont plutôt en DEROUTE parce qu’ils s’éloignent de la ville sainte.

Il en est ainsi pour chacun d’entre nous : si nous lisons les événements de notre vie et de ce monde à la seule lumière de notre discernement naturel, nous avons toutes les raisons de désespérer et de nous éloigner tous tristes. Si nous voulons échapper à l’absurdité et à la morosité d’une vie sans but, il nous faut éclairer notre route par la Parole de vérité, et accueillir l’Esprit de sainteté pour pouvoir avancer dans la paix et la confiance, les yeux fixés sur celui qui est définitivement « glorifié à la droite du Père » (Col 3, 1).

Alors tout se résout quand ils décident de s’ouvrir : au-delà de la catéchèse que leur donne Jésus, il y a un autre pas : le désir de rencontre une personne, la disponibilité et l’hospitalité : « Mane nobiscum, Domine= Reste avec nous, Seigneur ». Les cours spéciaux de doctrines, bien qu’importantes, ne suffisent pas, ne donnent pas la foi. En effet, la foi chrétienne est une relation vécue, une RENCONTRE avec une personne : JESUS, qui nous accompagne, qui vient chez nous et des fois nous ne nous en rendons pas compte. Les disciples s’en rendront compte après. Et s’ils n’avaient pas invités cet inconnu… ? Quelle est mon attitude face à des inconnus ? (Fausse)Prudence ? réserve ?….

« Seigneur Jésus, pour beaucoup d’hommes et de femmes de mon temps, tu n’es qu’un inconnu. Parmi ceux qui portent ton nom ; nous sommes nombreux parmi ceux qui pour qui tu demeures un étranger. Ouvre nos Esprits et nos cœurs. Reste avec nous et prends place à notre table, rassemble-nous pour la fraction du pain en mémoire de Toi. Nous pourrons alors, nous aussi, nous lever et reprendre joyeusement notre route, vivant pendant notre séjour sur terre, dans la crainte de Dieu, et annonçant à nos frères le salut par ton Sang précieux, toi l’Agneau sans défaut et sans tache».

« Il vit, et il crut » que selon les Ecritures, Jésus devait ressusciter des morts.

(Gloire de) Jésus  Essayons de recevoir ce récit avec l’innocence d’une première écoute.  L’évangéliste précise le cadre temporaire : « le premier jour de la semaine ». Il ne s’agit pas d’une semaine parmi les autres, faisant simplement suite à la précédente, mais de « la » semaine. De quelle semaine unique pourrait-il bien s’agir ? Si nous nous souvenons que Saint Jean commence son Prologue comme une nouvelle Genèse, nous pressentons qu’il s’agit du premier jour de la nouvelle création. Quel est le sens que nous donnons à nos dimanche ? Ne sont-ils pas peut-être considérés comme le 7ème jour, le sabbat, jour de repos après toute une semaine de travail ? Le dimanche véritablement chrétien inaugure et imprègne tous les jours de la semaine (voir sur certains calendriers, bien faits selon moi !). Le sabbat était la clôture d’un passé (le 7ème jour), le dimanche ouvre sur un futur (le premier jour). La semaine inaugurée par le résurrection du Christ durera « jusqu’à la fin des temps » (Mt 28,20). C’est le temps au sein duquel Jésus rencontrera tous ceux qui cherchent un sens à leur vie par-delà leur mort. Notre vie tend-t-elle vraiment vers cela ?

Ce jour s’est déjà levé lorsque Marie-Madeleine se rend au tombeau « de grand matin », sans doute pour s’y recueillir et laisser libre court à son chagrin. Mais même si le soleil a commencé sa course, il n’a pas encore chassé l’obscurité de la nuit ; l’évangéliste précise en effet qu’« il fait encore sombre ». Marie-Madeleine n’est toujours pas sortie de l’ancien monde ; elle n’a pas encore pris conscience de la nouveauté advenue, pas plus que nous d’ailleurs : le chapitre 19 de saint Jean se termine en effet sur le récit très sobre de l’ensevelissement de Jésus dans un tombeau neuf ; puis chacun se retire, à cause de la « Préparation », sous-entendu de la fête pascale. Dans la pénombre de l’aurore, Marie-Madeleine ne voit rien, si ce n’est que « la pierre a été enlevée du tombeau : On a enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l’a mis ».

A y regarder de plus près, ce verset nous réserve deux surprises : nous nous attendions à ce que Marie-Madeleine exprime son angoisse devant la disparition du « corps » de son Maître défunt, c’est-à-dire de son cadavre ; or elle parle de l’enlèvement « du Seigneur » comme s’il s’agissait du rapt d’un vivant. Signe d’un deuil qui n’est pas encore accompli ? Ou pressentiment que l’amour ne peut pas mourir ?
Deuxième surprise : le pluriel de l’aveu d’ignorance : «nous ne savons pas où on l’a mis». Il est peu probable que Marie-Madeleine utilise un pluriel de majesté. Etait-elle accompagnée d’autres femmes dont l’évangéliste n’a pas jugé nécessaire de faire explicitement mention ? Peut-être. Mais accueillant le récit tel qu’il nous est livré, il nous semble plutôt entendre, à travers la voix de Marie-Madeleine, l’écho de l’aveu d’ignorance qui résonne tout au long du quatrième Evangile : « nous ne savons pas » qui est cet homme, d’où il vient, par quelle autorité il enseigne, chasse les démons et accomplit les signes et miracles qu’on lui attribue. Marie-Madeleine semble jouer ici le rôle du chœur dans les tragédies grecques, qui prononce à haute voix l’avis du grand nombre. (Pour culture, on saura que c’est William Shakespeare, avec la progression des courants individualistes, qui commence à mettre sur scène des personnages qui parle en disant « JE ». Avant on utilisait le « nous »). La mention de l’incise « nous ne savons pas » est un indice important dans notre récit, car il suggère que le lieu mystérieux où se trouve le Seigneur n’est pas accessible par des moyens d’investigation simplement humains : il ne se dévoilera qu’aux yeux de la foi. Pour combler le manque au niveau du «savoir», il faut accepter de croire, c’est-à-dire de s’ouvrir à une autre perception des événements, que Saint Jean désigne par le terme «voir» (Cfr méditation sur le récit de l’Aveugle-né).
Marie-Madeleine n’en reste cependant pas à un simple constat : bouleversée par la disparition de son Seigneur, elle court vers ceux qui sont supposés savoir : Simon-Pierre et l’autre disciple, qui est qualifié d’une façon toute particulière : «celui que Jésus aimait». Il est évident que le Seigneur aimait tous ses disciples ; cette précision suggère plutôt que celui-ci avait répondu d’une façon toute particulière à l’amour du Maître, si bien qu’il lui était uni plus étroitement.
Nos deux apôtres se mettent eux aussi en mouvement, parcourant le trajet inverse de Marie Madeleine, dont le récit ne nous dit pas qu’elle les accompagne : nous la retrouverons plus tard près du tombeau ; pour le moment elle disparaît de la scène, comme si son rôle n’avait consisté qu’à informer les disciples de la disparition du Seigneur de ce monde ancien, disparition qu’elle interprète comme un « enlèvement ».
Pierre et l’autre disciple se hâtent donc sur les lieux pour constater les faits. Si les deux compagnons sont côte à côte pour ce qui est du constat de l’absence du corps, dans la recherche du sens de l’événement, « l’autre disciple » précède Pierre, comme la suite du récit le confirme. Sobrement, l’évangéliste suggère, à partir de la différence du comportement extérieur, la différence d’attitude intérieure des deux personnages.

Pierre, sans hésiter, entre dans le tombeau et fait un constat rigoureux de la disposition du « linge qui couvrait la tête et du linceul». Il se meut toujours dans l’ancien monde, celui où « il fait encore sombre », et où il ne peut que prendre acte de l’absence troublante du corps du Seigneur. L’autre disciple, celui qui était «arrivé le premier au tombeau», n’entre pas tout de suite ; il «se penche», geste qui ressemble à une prosternation, et «contemple le linceul resté là». Son regard illuminé par l’amour, scrute l’invisible et «voit» ; il pressent la présence cachée au creux de l’absence. Ce n’est qu’alors qu’il entre lui aussi, mais il ne pénètre pas dans le même lieu que Pierre. Celui-ci était descendu dans un tombeau vide, symbole du monde ancien marqué par la mort et dont Dieu s’est retiré. Le disciple que Jésus aimait, lui, est entré dans le monde nouveau et dans les temps nouveaux.

Pour Simon-Pierre, «la pierre a été enlevée du tombeau» pour en faire sortir un cadavre. Pour l’autre disciple, elle est roulée afin de permettre aux croyants d’entrer en présence du Seigneur, dans ce lieu qui n’est plus la sépulture d’un défunt, mais le Temple du Dieu vivant.
Ne sommes-nous pas tous confrontés à cette double approche ? Comme Simon-Pierre qui pénètre en premier dans le tombeau, notre raison se saisit d’emblée de l’événement ; mais son analyse n’atteint que le phénomène, c’est-à-dire ce qui apparaît aux yeux de chair ; l’essentiel lui demeure invisible. Seul l’esprit illuminé par la foi, l’espérance et l’amour peut discerner, au cœur d’une contemplation priante, le mystère du Jour nouveau et du Monde nouveau, le mystère de la nouvelle création qui s’annonce, le mystère de la présence du Vivant qui vient combler notre attente.

«Aujourd’hui, Dieu notre Père, tu nous ouvres la vie éternelle par la victoire de ton Fils sur la mort, et nous fêtons sa résurrection. Que ton Esprit fasse de nous des hommes nouveaux pour que nous ressuscitions avec le Christ dans la lumière de la vie ».

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