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Au plein milieu de nos tempêtes, Seigneur Tu es là… Tu es là au cœur de nos vies

Même dans une société gérée par le droit et technologiquement avancée, il est toujours facile de faire expérience de la fragilité humaine. L’homme peut penser maîtriser tout comme il en était pour ces experts et habitués du lac (certains des apôtres étaient des pêcheurs), mais, tôt ou tard, il se rend compte de sa faiblesse. Les lectures de ce dimanche nous invite à méditer sur le mode d’intervention de Dieu au sein de nos tourments. ITempeteSommeill n’entend pas les balayer d’un revers de la main, mais nous fournit certaines certitudes : tout ce qui pourrait être mystérieux et abyssal lui est, dans tous les cas, soumis ; en outre, nous pouvons compter sur sa miséricorde, qui prend soin de nous doutes et faiblesses.

A lire normalement ce passage de l’Evangile, rien ne distingue physiquement Notre-Seigneur d’un autre homme. A en juger au programme de ses journées (suite…)

Noël : joie pour les saints, joie du pardon pour les pécheurs et joie de la vie pour les païens.

NoelQuand on pense à notre temps, quand on écoute ce qu’on en dit, on souligne le fait qu’il est devenu trop dur, que les temps anciens étaient plus beaux, plus paisibles, calmes… Peut-être qu’on ne prend pas le temps pour bien y penser. Saint Luc, au moins, y a pensé et nous a fait un récit, ( dans un cadre, vraiment pas beau!!!) de Noël : un pays sous occupation romaine, une famille d’immigrés qui doivent se rendre dans leur contrée pour se faire recenser, un recensement qui vise à bien compter les personnes et leurs avoirs pour maximiser les taxes,…

Qui plus est, un Dieu déconcertant qui rompt tous les protocoles en naissant fragile, mendiant notre attention comme le fait tout nouveau-né qui ne peut rien de lui-même, un Dieu en dehors des schèmes mentaux de la puissance comme celle d’un empereur qui se fait proclamer divin ( « Augustus » = Sebastos en grec= digne d’adoration) et qui, pourtant, a peur qu’on lui usurpe le pouvoir tel que sont ceux qui ont le pouvoir cherchent à tout prix à s’y maintenir,… De tout ceci et bien d’autres choses encore, comment ne pas dire que la Parole de Dieu est toujours actuelle, qu’elle a quelque chose à nous dire, quiconque que nous soyons, de conditions aisées tels les hôtes de l’auberge qui prennent toutes les chambres ou bien comme la famille de Joseph et Marie qui n’a pas eu droit aux soins les plus élémentaires?

Et pourtant, le ciel et la terre se sont donnés rendez-vous chez eux et chez nous, dans une telle situation. Les cieux se déchirent et la gloire du Seigneur illumine la nuit d’une Palestine ainsi meurtrie pas une situation socio-politique non différente de la nôtre. Dieu a fait irruption dans notre histoire, la gloire de Dieu habite notre terre.

Oui, tout ceci est pour moi, tout ceci est pour toi. Reprenons les mots merveilleux de Saint Léon le Grand et faisons-les nôtres :  » exulte le saint puisque la récompense est proche, jubile le pécheur parce que le pardon lui est offert, et que le païen reprennent courage parce qu’il est appelé à la vie ». Cette théophanie est pour toi, qui te reconnais en ces personnes. Y a-t-il encore doute?

A qui s’adresse cette vraiment théophanie ? Aux autres? A quelque roi ou grand prêtre ?

L’empereur Octave Auguste est bien trop occupé par son recensement de la planète. D’ailleurs pourquoi s’intéresserait-il au ciel puisqu’il s’est auto-proclamé «divin empereur ».
Peut-être les messagers de Dieu viennent-ils délivrer quelque message aux Grands Prêtres ? Mais ces messieurs n’aiment pas beaucoup être bousculés dans leurs habitudes. A vrai dire, depuis qu’un des leurs (Zacharie) a cru avoir bénéficié d’une vision durant son service dans le sanctuaire, ils sont plutôt méfiants. De l’avis des chefs religieux, le ciel prend un peu trop de libertés ces temps-ci : les interventions divines échauffent les esprits, et réveillent les exaltés. Rien de tel pour agacer les Romains qui sont déjà assez énervés comme ça avec le recensement.

Mais alors pour qui les Anges se sont-ils déplacés ?
On ose à peine le dire : pour porter un message à « des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux ». Quand on pense à la réputation de ces hommes frustres et peu versés dans les Ecritures, on croit rêver. Dieu s’adresserait-i en premier à ces gens qui ne respectent même pas le sabbat (puisqu’ils sont toujours derrière leur troupeau), ces gens qui sont méprisés de tous, ces marginaux qui ne savent pas ce qui se passe dans la société, ces gens aux mœurs peu louables, ces pécheurs?

Si encore les Envoyés du Très Haut venaient les reprendre sur leur manque de piété ou de fidélité à la Loi ; mais il n’en est rien : les bergers sont choisis pour accueillir de la part de Dieu une « bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur ».

Nous ne mesurons sans doute pas ce que cette situation a de choquant : non seulement le ciel ne respecte ni la hiérarchie ni le protocole, mais il s’adresse à des gens de croyance et de mœurs douteuses pour annoncer l’avènement du Messie ! Comment les responsables religieux pourraient-ils donner quelque crédit à de telles sornettes ? Et dire qu’ils n’en sont qu’au début de leurs surprises ! Car l’aventure qui commence cette nuit est la plus déconcertante de toute l’histoire de l’humanité.

Ainsi donc le Messie de Dieu serait annoncé à des bergers quelque part au fin fond de la Palestine. Et où est-il donc ce Messie ? Va-t-il descendre des cieux porté sur les nuées et entouré d’une multitude d’Etres célestes ? Pas du tout ! « Voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » ! Le « Messie », le « Seigneur », le « Sauveur », « couché dans une mangeoire », « car il n’y avait pas de place dans la salle commune pour sa mère qui devait enfanter ».

Dieu a clairement choisi son camp. Entre les grands de ce monde qui déploient insolemment leur luxe et exercent orgueilleusement leur pouvoir, et les petits qui sont privés de l’hospitalité élémentaire et sont obligés de chercher un abri au milieu des animaux, il n’hésite pas. Dans sa liberté souveraine, le Sauveur du monde a voulu naître d’une jeune fille de modeste condition, donnée en mariage à un artisan d’un village inconnu de Galilée appelée Nazareth. C’est dans ce foyer apparemment quelconque, que « la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes ».

Nous sommes avertis : si le Seigneur est venu pour « nous apprendre à rejeter le péché et les passions d’ici-bas », il faut s’attendre à ce qu’il bouscule nos habitudes et nos façons trop humaines de penser.

A vrai dire, c’est à une nouvelle naissance qu’il nous invite, afin de « vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux ». L’aventure qui commença cette nuit-là risque donc de nous entraîner très loin, si du moins nous persévérons à la suite de cet « enfant qui nous est né, de ce fils qui nous est donné ». Car « pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien », le « Prince de la paix » n’hésitera pas à « se livrer pour nous, afin de nous purifier et de nous racheter de toutes nos fautes ». « Voilà ce que fait l’amour invincible du Seigneur de l’univers » pour ceux qui accueillent la Révélation déconcertante de sa gloire dans un petit enfant.

Cette nuit-là, le Seigneur est venu et a planté sa tente au milieu de son peuple, prêt (puisque la tente suggère la mobilité, le toujours provisoire) à se mouvoir avec nous sur nos routes quotidiennes ; « sur ceux qui habitent le pays de l’ombre, sur l’humanité qui marche dans les ténèbres, une lumière resplendit ». Saurons-nous la discerner et l’accueillir ? Notre temps est donc le temps favorable, et il n’est jamais tard pour l’accueillir afin qu’il illumine nos ténèbres, nos zones les plus obscures de notre vie. Je prends du temps pour penser à les bassesses. Suis-je prêt(e) à les lui montrer? Et à accepter qu’il fasse quelque chose, qu’il bouscule mes sécurités, mes habitudes, mes protocoles?

Avec les bergers mettons-nous en route : l’Enfant-Dieu nous attend au fond de l’étable de nos vies. Puissions-nous nous y unir à l’adoration de Marie et Joseph, et chanter avec les Anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». Célébrons dans la joie l’avènement de notre salut et de notre rédemption. Célébrons le jour de fête où, venant du grand jour de l’éternité, un grand jour éternel s’introduit dans notre jour temporel et si bref.

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre » ?

A. Lambert RIYAZIMANA

A. Lambert RIYAZIMANA

La liturgie de ce dimanche du Gaudete nous invite résolument à la joie. L’antienne d’entrée donne le ton: «Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche » (cf. Ph 4, 4-5). Le motif de cette joie nous est clairement annoncé dans la première lecture, que nous illustrerons par des passages du même prophète Isaïe, proposés tout au long de la seconde semaine de l’Avent. Dieu lui-même vient bientôt « déchirer le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples et le linceul qui couvre toutes les nations. Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple » (Is 25, 7-8). Comment resterions-nous indifférents devant de telles promesses, qui réveillent en nous notre profond désir de paix, de bonheur, de salut ?

Peut-être demandons-nous spontanément : mais quand donc le Seigneur va-t-il intervenir pour réaliser ce renouvellement de toutes choses ? Quand donc «verrons-nous sa gloire, pourrons-nous contempler la splendeur de notre Dieu» et nous en réjouir de tout notre cœur comme il nous y invite ? En posant cette question, nous rejoignons l’interrogation de Jean-Baptiste et de tant d’autres chercheurs de Dieu dont les pas ont croisé ceux de Jésus : «Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?»  Jean Baptiste qui a espéré en la proche réalisation des promesses ne peut s’empêcher de crier, sans honte : «Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres … celui qui vient tient en sa main la pelle à vanner et va nettoyer son aire ; il recueillera son blé dans le grenier ; quant aux bales, il les consumera au feu qui ne s’éteint pas» (Mt 3, 10-12). Il est donc prêt à séparer les méchants et les bons et à exterminer les méchants. Cela se réalisera-t-il?

Troublés face à un Dieu déconcertant.

L’image que nous faisons de Dieu est quelques fois déconcertante, révoltant,…Déjà ici  Jésus se présente comme le bon berger qui recherche les moutons perdus et les ramène tendrement au troupeau. Les disciples de Jean s’impatientaient peut-être aussi.  Mais ce qui est plus troublant, c’est sa situation : de la liberté de mouvement du désert au cachot, entre 4 murs et ce Jésus ne prend pas sa défense. Qui n’a pas vécu le silence de Dieu ? Pourquoi les impies prospèrent-ils ? Pourquoi tout ce mal, cette souffrance ? Vraiment, Jésus est-il celui qui doit apporter la liberté, la justice et la joie dans le monde ? Ou bien nous devons en attendre un autre !

Allez dire…

La réponse de Jésus aux émissaires du Précurseur nous oriente vers vraie réponse qui doit sortir de nous-mêmes. Il ne donne pas de réponse immédiate. Il invite à réfléchir, à observer, à méditer. Nous comprenons qu’il est légitime d’avoir des questions, des doutes. Mais tout cela nous renvoie à nous-mêmes. Toi qui penses à ces désordres, que fais-tu pour qu’il y ait un peu de justice, un peu de réconfort et de consolations aux personnes affligées ?
Par trois fois Notre-Seigneur demande à ses interlocuteurs : «Qu’êtes-vous allés voir ?» en d’autre termes: qui est cet homme qui vous a attirés? Qui est Jean Baptiste? Cette question est une réponse à «Qui es-tu Jésus ? Celui que nous attendons vraiment ?» L’identité du prophète ne peut pas se séparer de celle du maître dont il est serviteur. Répondre bien à une des questions nous aide à bien répondre à une autre. Qui suis-je, moi qui annonce Jésus ? Si je perds de vue mon identité de disciple, d’apôtre, … serai-je en mesure d’accomplir ma mission ?

Ne suis-je pas un roseau, c.à.d. celui qui ne résiste pas aux vents, qui n’a pas de courages devant les vents contraires, celui qui a peur de la vérité par peur de ses conséquences, ici la prison et une vie risquée ?
N’ai-je pas l’air de princes, voulant seulement vivre les facilités ? Que fais-je, moi qui suis… prêtre…religieux (se)…fidèle laïc (que)…de l’esprit de détachement des biens, de pauvreté ? Les mots du pape François sur l’esprit de pauvreté sont à redécouvrir !
Suis-je un prophète, celui dont la vie annonce vraiment celui que j’annonce ?

Les scandales et la croissance dans la foi.

Jésus dit qu’il est heureux celui qui ne se scandalise pas de Lui. La manière d’agir peut devenir motif de chute pour tout un chacun, même pour Jean Baptiste. Face aux doutes que nous avons déjà évoqués, il faut changer de vision. Jean Baptiste doit aussi arriver  aussi à accepter sa captivité, non seulement en l’envisageant comme une libération, mais aussi comme une communion à la mort qui attend celui dont il est le précurseur. Comme il est bon de voir (moi qui suis faible) un ascète, un saint, un prophète comme Jean Baptiste, invité à grandir dans la foi, invité à ne pas chuter !

C’est donc à une conversion du regard que nous sommes invités. Nous ne voyons pas la présence du royaume de Dieu parce que nous regardons mal : nous cherchons des signes d’une gloire toute terrestre, celle que l’on trouve «dans les palais des rois» ; alors que notre Dieu se révèle dans la pauvreté et l’humilité d’un Enfant, au sein d’une famille de condition modeste.

Comme il est venu pour « guérir les cœurs brisés » (Ps 147, 3), il s’en fait d’emblée solidaire ; aussi est-ce parmi les «petits et les pauvres» (Is 41, 17), et au cœur de nos pauvretés intérieures qu’il faut le chercher : c’est pourquoi «je n’hésiterai pas à mettre mon orgueil dans mes faiblesse, nous dit Saint Paul, afin que la puissance du Christ habite en moi» (2 Co 12, 9). A tous ceux qui reconnaissent leur indigence, le Seigneur déclare : «Tu mettras ta joie dans le Seigneur, ta fierté dans le Dieu d’Israël. Moi le Seigneur je t’exaucerai ; moi le Dieu d’Israël je ne t’abandonnerai pas» (Is 41, 16-17). 
En possession d’une telle promesse, «reprenons courage, ne craignons pas» comme nous l’y invite la 1ère lecture. 
Le Royaume nous a été offert sous forme d‚un germe de vie divine, enfoui dans notre cœur au jour du baptême. Jour après jour, tandis que nous cheminons encore à l’ombre de la mort, au sein de nos doutes et crises, la grâce réalise secrètement en nous son œuvre de transfiguration. Ce n‚est pas en un jour que la semence grandit, mûrit et donne son fruit : comme le cultivateur, il nous faut faire preuve d’«endurance et de patience» en attendant «les produits précieux» issus de «la semence impérissable» (1 P 1, 23) déposée en nous : «la parole vivante de Dieu qui demeure».

«Seigneur, donne-nous de discerner et reconnaître dans la foi les signes de ta présence, pour que nous puissions t’accueillir toujours davantage, jusqu’à ce que ton Esprit remplisse notre vie, comme les eaux recouvrent le fond de la mer (Is 11, 9). Nous arriverons alors à Jérusalem dans une clameur de joie, un bonheur sans fin illuminera nos visages, allégresse et joie nous rejoindront, douleur et plainte s’enfuiront».

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